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Histoire de Charles XII, roi de Suède / par Voltaire
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DE CHARLES XII . 211

de pareils discours transpirent dans le public; maiscelui-ci fut su avec la disgrâce de Couprougli. Ceyisir ne paya point sa hardiesse de sa tote, paroeqnela vraie vertu se fait quelquefois respecter lors memequ’elle déplaît: on lui permit de se retirer dansl’isle de Xégrepont. .l’ai su ces particularités par deslettres de M. Bru* mon parent, premier drQgmau àla Porto ottomane ; et je les rapporte pour faire con-naître l’esprit de ce gouvernement.

Le grand-seigneur lit alors revenir d’Alep BaltagiMeheniet, hacha de Syrie , qui avait déjà été grand-visir avant Chourloulj. Les baltagis du serrai!, ainsinommés de h^lta qui signifie cognée, sont des es-claves qui poupent le bois pour l’usage des princesdu sang ottoman et des sultanes. Ce visir avait étébaltagi dans sa jeunesse, et en ayait toujours retenule nom , selon la coutume des Turcs , qui prennentsans rougir le nom de leur première profession,ou celle de leur pere, ou du lieu de leur nais-sance.

Dans le temps que Baltagi Meheniet était valetdans le serrail, il fut assez heureux pour rendrequelques petits services au prince Achmet, alorsprisonnier d’état sous l’empire de son frere Musta-pha : on laisse aux princes du sang ottoman, pourleurs plaisirs, quelques femmes d’un âge à ne plusavoir d’enfants (et cet âge arriye de bonne heure enTurquie ) , mais assez belles encpre pour plaire.Achmet, devenu sultan, donna uue de ses esclavesqu'il avait beaucoup aimée en mariage à Baltagi Me-hemet. Cette femme, par ses intrigues, fît son mari