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TABLEAU DE L’ETAT DES SCIENCES
s’est rendu célèbre, en physique, par la découverte de la dif-fraction de la lumière. Un rayon lumineux qui passe très-prèsd'un corps, se détourne un peu de sa direction; il s'infléchitvers ce corps : tel est le phénomène auquel on donne le nom dediffraction.
En France , Peyresc , conseiller au parlement d’Aix , pro-tecteur de Gassendi , n’eut pas plutôt entendu parler du téles-cope et de la découverte des premiers satellites de Jupiter ,qu'il voulut jouir des merveilles de cet instrument. Il se pro-cura un télescope, reconnut, à son tour, les quatre satellites, etse proposa d’en déterminer le mouvement. 11 chercha des aideset résolut de fonder un observatoire. On dit qu’après avoirmultiplié les observations, il prépara des tables qu’il eut pu-bliées s’il n’eiit appris que Galilée s’occupait lui-même de cetravail. Il avait eu aussi l'idée de faire servir les configurationsdes satellites de Jupiter à la recherche des longitudes.
Jean-Baptiste Morin , que Peyresc voulut associer à ses tra-vaux astronomiques, et qui fut professeur de mathématiques auCollège de France , ne nous semble appartenir à l'histoire del’astronomie que par ses prétentions mal fondées. Bien queDelambre ait jugé à propos de lui consacrer un chapitre de38 pages in-4° de son Histoire de l'astronomie , nous ne trou-vons rien de véritablement important à dire de lui.
Il ne faut pas demander à Descartes d’observer attentive-ment les phénomènes du ciel, comme le faisait Galilée , ou uecombiner laborieusement, par le calcul et par les constructionsgéométriques, à la manière de Keppler , les résultats d’unefoule d’observations faites avant lui. Descartes était un hommede génie; mais la méthode admirable qu’il recommande, il nel’appliqua presque jamais, ou négligea de la suivre. Dans lescas où, d’après lui-même, il faudrait, avant tout, interrogerla nature et attendre sa réponse, il cherche cette réponse danssa seule imagination. Pour expliquer notre système planétaire,il conçut son ingénieux roman des tourbillons , et tout grandgéomètre qu’il était, il le fonda sur des vues également con-traires aux faits les mieux constatés et aux principes mathé-matiques les mieux établis. Par exemple, les mouvements desplanètes étant elliptiques, il faut admettre que les tourbillonsdans lesquels ces planètes circulent, doivent nécessairement