AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
13
affecter la même forme. Mais pourquoi les tourbillons sont-ilselliptiques? C’est, répond Descartes , par un effet de la com-pression des tourbillons voisins. Mais, pour qu’il en fût ainsi,il faudrait que toutes les orbites des planètes fussent allongéesdu même côté, ce qui est tout à fait contraire à la réalité. Ilsemble aussi, comme le faitT)bserver Montucla , que le soleil de-vrait occuper le centre commun de toutes les orbites, et nonleurs foj-ers. Il y aurait encore d’autres raisons de plus d’ungenre à opposer au système des tourbillons; mais des. théoriesqui ne se fondent ni sur l’expérience ni sur l’observation, nesauraient trouver leur place dans un tableau des découvertesscientifiques réelles et positives.
Les travaux de Bouillaud, ainsi que ceux de Thomas Street,Rock , Vincent Wing, Nicolas Mercator, Albert Linnemann, etde plusieurs autres, que nous omettons, contribuèrent, maisdans une mesure restreinte,aux progrès de l’astronomie. Nousnous hâtons d’arriver à Ilévélius, qu’on regarde comme le plushabile observateur qui ait paru dans cette période, après Tycho- Brahé .
Hévélius (en allemand Ifevel ou Hevelhe), était né à Dantzig,le 28 janvier 1611, et il vécut jusqu’à l'âge de soixante-seizeans. Il fit ses premières études comme on les faisait alors danstous les collèges. Son professeur de mathématiques, P. Cruger,l’engagea à se livrer tout entier à l’astronomie. Il s’était aussiappliqué au dessin et aux arts mécaniques, et il construisaitlui-même les lunettes et tous les instruments dont il avait be-soin pour faire ses observations. Il eut même une imprimerie, 'et il fit paraître une partie de ses ouvrages sans aucun secoursétranger. En 1641, il éleva au-dessus de sa maison un obser-vatoire, dans lequel il plaça d’abord un sextant (instrumentcomposé de la sixième partie du cercle) un quart de cercle detrois à quatre pieds de rayon, et diverses lunettes. Il fut éluconsul, ou sénateur, par ses concitoyens. Mis par Colbert surla liste des savants, il eut une pension de Louis XIV . Sa femme,qu’il a représentée dans une des planches de sa Machine cé-leste, l’aidait à faire des observations. En 1679, sa maison,ses livres, ses instruments, et l’édition presque entière dudeuxième volume de sa Machine céleste, furent dévorés parles flammes.