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TABLEAU DE L’ETAT DES SCIENCES
Le recueil manuscrit des observations d'Hévélius forme dix-sept volumes in-folio. La S èlèno graphie, ou description de lalune et de ses taches, fut son premier ouvrage. Il chercha lemoyen de donner un diamètre sensible aux étoiles, et de lemesurer en le comparant aux taches de la lune. Il regardeles occultations des étoiles par la lune, comme les phénomènesles plus propres à la recherche des longitudes. Il compléta,sur le phénomène de la libration de la lune, l’explicationcommencée par Galilée . Aux deux causes que Galilée avaitindiquées, savoir : la parallaxe et le changement de latitude, ilen ajouta une troisième, qu’il découvrit dans le mouvement enlongitude. Il découvrit, en outre, une seconde libration dans lesens de la longitude. Mais il ne put en indiquer la véritablecause. Un peu plus tard, Dominique Cassini la découvrira.
Ilévélius publia deux ouvrages remarquables sur les appari-tions, les mouvements, et les singulières apparences des co-mètes. Il fait entrer dans ces deux traités non-seulement sespropres observations, qui sont précieuses pour la science, maisen outre une immense érudition astronomique. S'il est unescience où la connaissance du passé soit indispensable, c’estsurtout l’astronomie, et la raison en est trop évidente pour quenous ayons même besoin de l’indiquer. La belle comète de dé-cembre 1664 avait été l'occasion de ce travail. Ilévélius établittrois mouvements apparents dans les comètes, dont deux sontproduits par le double mouvement de la terre, le troisième estcelui de la comète elle-même; les trajectoires décrites sontdes courbes allongées. Il se fait au surplus une idée très-faussedes comètes, et il est, sur ce point, beaucoup moins éclairéque ne le fut Sénèque chez les anciens; il place les comètesdans la catégorie des corps, accidentellement formés, qui nepeuvent avoir une existence durable.
Ilévélius se trompa relativement à Saturne ; il crut cette pla-nète formée de trois corps ou globes séparés, et il fit à ce sujetdes hypothèses toutes gratuites.
Un homme qui montra plus de génie qu’Hévélius , et qui sedistingua par de grandes découvertes en mécanique, en géo-métrie, en astronomie, et qui, en outre, en perfectionnant l’artde tailler et de polir les verres, parvint à construire des té-lescopes bien supérieurs à celui de Galilée , fut Christian