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TABLEAU DE L’ETAT DES SCIENCES
On appelle objectif celui des verres qui, dans une lunette,est tourné du côté de l’objet qu'on veut observer. Pour quel’image d’un.objet soit parfaitement nette, il serait nécessaireque tous les rayons partis des différents points de cet objet seréunissent en un même point de l’axe du verre. Or, Descartes avait remarqué que cela n’arrive point lorsque les verres sonttaillés en forme sphérique. Les rayons qui, partis d'un mêmepoint de l’objet, tombent sur toute l’étendue de l’objectif, s’yréfractent, se réunissent en différents points de l’axe, et y for-ment, placées les unes devant les autres, différentes petitesimages. C’est ce qu’on appelle Y aberration ch sphéricité. Unautre défaut de ces verres est celui de Y incurvation des images.Ce défaut, remarqué pour la première fois par Grégori, vientde ce que les rayons partis des divers points du corps, formentune image courbe. Après avoir corrigé ces défauts, on se flattaque les nouvelles découvertes à faire dans le ciel seraient sanslimites. Les efforts qu’on fit pour accroître indéfiniment lapuissance du télescope, ne furent pas assurément sans résultatsutiles, mais on éprouva quelquefois de grandes déceptions.Auzout et Harshoacher allèrent jusqu’à construire des lunettescolossales de 600 pieds de long, qui ne purent servir à rien.
Les inventions d’Huygens, dans l'art de mesurer le temps, etsa méthode pour la taille des verres, exercèrent sur les progrèsde l’astronomie une influence plus décisive.
Le perfectionnement des instruments, des méthodes d'obser-vation et du calcul, eurent pour résultat une série de décou-vertes nouvelles en astronomie. Dominique Cassini découvrit,sur le disque de Mars, des taches aussi grandes que celles dela lune. Au moyen de ces taches, il vit Mars tourner sur lui-même, comme Jupiter, et présenter successivement ses deuxhémisphères. En Angleterre, dans le même temps, Hooke, quipasse pour avoir donné à Newton l’idée de la gravitation uni-verselle, observait, de son côté, les taches de Jupiter et cellesde Mars, que Cassini, à l’aide d’une excellente lunette de Cam-pani, s'appliquait à mesurer exactement. De Mars , Cassinipassa à Vénus. Il y vit aussi des taches irrégulières, d’uneétendue considérable, mais très-faibles, et à contours mal ter-minés. Il ne parvint que très-difficilement à distinguer unepartie du disque moins claire que le reste, et à s'assurer, par