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TABLEAU DE L’ETAT DES SCIENCES
iruraents dont il pouvait avoir besoin. Il revint en 1G73, rap-portant des connaissances utiles et une découverte importante.D’après Richer, la distance des tropiques était de 4G° 57’ 4" etl’obliquité de l’écliptique, par conséquent 23° 28’ 32”. Maiscette quantité est trop petite. Et en effet , l’équateur étantpresque au zénith de Cayenne , à des distances respectivementégales des deux tropiques, il s’ensuit que ces deux termes dela course solaire sont élevés et rapprochés l’un de l’autre parla réfraction. Dans l’hypothèse de Cassini, l'intervalle observédevait être augmenté de 45”, ce qui donnait pour l’obliquité del’écliptique 23° 28’ 54” 1/2.
Un fait important, qui frappa Richer dès les premiers joursde son arrivée à Cayenne , c’est que son horloge retardaitchaque jour de 2’28”. Après en avoir soupçonne la cause, ilraccourcit le pendule d’une ligne et un quart, et alors ce pen-dule battit exactement les secondes, et l’horloge marqua24 heures dans la durée du jour. Quand il rapporta à Paris cemême pendule raccourci, il ne battait plus les secondes, etl’horloge avançait de la même quantité dont elle avait retardéà Cayenne avant le raccourcissement. Huygens expliqua cephénomène par une diminution progressive de la pesanteurdepuis le pôle jusqu’à l’équateur.
En 1G77, Halley, s’étant transporté à Elle Sainte-Iiélène,constata de nouveau que le pendule, pour battre les secondes,devait y être raccourci. Plus tard, Varin et Deshaies, se trou-vant à Cayenne , remarquèrent que la longueur du pendule de-vait y être diminuée un peu, plus encore que ne l’avait cruRicher.
En France , vers 1GG6, Picard et Auzout observèrent, à l’aidedu micromètre inventé par ce dernier, une variation de la lunequ’on n’avait pas encore soupçonnée. Cette variation consisteen un accroissement de sa grandeur apparente à mesure qu’elles’élève de l’horizon au zénith. On l’expliqua par une diminutiongraduelle de sa distance à la terre. Ces observations ramenèrentà une nouvelle étude de la réfraction astronomique.
Le G novembre 1671, on ne connaissait encore qu’un satel-lite de Saturne , lorsque Cassini en découvrit un second. Le23 décembre de l’année suivante, il en découvrit un autre, eten 1684, deux autres encore, ce qui portait à cinq le nombre