AU DIX-SEPTIEME SIECLE
19
des satellites de Saturne . Les lunettes, dont Cassini fit usagepour découvrir les deux derniers, étaient de cent et mêmecent trente-six pieds de long. On n’eùt pas été jusque-là, siIluygens, Hévélius, Gampani n’étaient parvenus déjà à faired'excellents télescopes de cent et de. cent cinquante pieds.
On avait créé des observatoires dans divers pays de l’Europe .Celui de Paris , commencé d’après les plans de l’architectePerrault , fut achevé sous la direction de Cassini.
On multiplia les observations relatives aux mondes de Sa turne et de Jupiter . On calcula les révolutions des satellites;on chercha, dans les apparences que présentent ces différenteslunes, les analogies qu’elles peuvent avoir avec la nôtre.
Cassini découvrit, sur le globe de Saturne , une bande obscuresemblable à celle de Jupiter ; il la vit s’étendre d’orient en oc-cident. Cette bande était l’ombre que l’anneau projette sur laplanète. Il distingua la ligne obscure qui divise l’anneau, danssa largeur, en deux parties. Il trouva que celle qui est exté-rieure a beaucoup moins d’éclat que l’autre. Il aperçut d’autresbandes qui ne provenaient pas de l’ombre projetée par l’an-neau. Leur couleur obscure ne tranchait pas assez sur la surfacemédiocrement lumineuse de la planète, pour l’aider à décou-vrir sa rotation. Il lui sembla même quelles n’adhéraient pasau globe de Saturne , mais quelles étaient comme suspenduesen dehors et au-dessus.
Le 18 mars 1083, Cassini ayant dirigé, le soir, son télescopevers les points de l’horizon d’où le soleil venait de disparaître,remarqua dans le ciel une lumière blanche, assez semblable àcelle qui distingue la voie lactée. Elle s’étendait obliquementdans le sens du zodiaque, et couvrait les signes où le soleil de-vait entrer au commencement du printemps. Aussi lumineuse,mais aussi rare que la queue d’une grande comète, elle laissaitvoir, à travers sa clarté, les plus petites étoiles. Elle avait dedix à douze degrés de largeur. Sa figure était à peu près celled’une pyramide s’appuyant sur l’horizon, et, par son sommetaigu, touchant aux Pléiades et aux étoiles .du Taureau. Elledisparut vers ces étoiles, mais pour reparaître les jours suivants;elle sembla même s’avancer le long de l’écliptique et y précéderle soleil. Cassini soupçonna qu’elle émanait de la lumière du so-leil. Il remarqua quelle est toujours renfermée dans le zodiaque,