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TABLEAU DE L’ETAT DES SCIENCES
les carrés des temps qu’ils ont mis à les parcourir. Par exemple,si la chute de l’un a duré 5 secondes, et celle de l’autre 8 se-condes, les espaces qu’ils ont respectivement parcourus sontcomme le carré de 5, c'est-à-dire 25, est au carré de 8, c’est-à-dire 64. Cette loi, découverte par Galilée , toujours confirméepar l’expérience, est un véritable principe de la nature. Onavait bien pu remarquer, partout et dans tous les temps, que lemouvement d’une pierre qui tombe, s'accélère, et qu’il devientd’autant plus rapide que cette pierre tombe de plus haut, maisla loi mathématique de la pesanteur était restée ignorée jus-qu'aux travaux de Galilée .
Au nombre des savants qui, les premiers, commentèrent cettethéorie, on distingue Torricelli , disciple de Galilée . Torricelli ajouta plusieurs propositions à celles qu’avait données Galilée sur le mouvement des projectiles. En 1001, il publia sur cesquestions, un ouvrage ayant pour titre : De motu gravium na-turaUkr accelerato. Vint ensuite Huygens, qui considéra lemouvement des graves sur des courbes données. Il démon-tra, d’une manière générale, que la vitesse d’un corps quidescend le long d'une courbe quelconque est la même, àchaque instant, dans la direction de la tangente, que celle qu’ilaurait acquise en tombant librement d'une hauteur égale àl’abscisse verticale correspondante. 11 appliqua ensuite ce prin-cipe à une cycloïde renversée, dont l’axe est vertical, et iltrouva que, de quelque point de l’arc cycloïdal que tombe uncorps, il arrive toujours dans le même temps au point le plusbas ou à l’extrémité inférieure de l’axe.
La science fut ainsi mise en possession des lois fondamen-tales du mouvement.
Après avoir considéré le mouvement des corps isolés, onexamina celui que divers corps se communiquent, en agissantles uns sur les autres, soit par le choc, soit par l’interpositionde leviers, de cordes, etc. On s’attacha d’abord aux problèmesles plus simples, tels, par exemple, que celui d’un corps enmouvement qui en choque un autre en repos, ou se mouvantavec une moindre vitesse, ou bien celui de deux corps en mou-vement qui se rencontrent.
Descartes avait senti que des lois fixes et constantes pré-sident à la communication du mouvement, et il fit des efforts