30
TABLEAU 1)E L’ETAT DES SCIENCES
divisible que par lui-même et par l’unité est ce qu’on appelleun nombre premier. On s’était à peine occupé jusque-là decette théorie. Fermât établit des caractères généraux qui,dans une infinité d’occasions, peuvent servir à distinguer lesnombres premiers des nombres divisibles par un ou plusieursdiviseurs autres qu’eux-mëmes et l’unité. Il fît, dans l’analyse,des découvertes importantes. Sa méthode des tangentes et lathéorie des maxima et minima, dont il sera parlé dans sa bio-graphie, sont deux de ses principales découvertes.
Wallis, mathématicien anglais , publia, en 1055, son arith-métique des infinis. Cet ouvrage avait pour objet, comme letriangle de Pascal, la sommation de différentes suites de nom-bres. Wallis était un très-profond analyste. C’est à lui qu'ondoit la notation des radicaux par les exposants fractionnaireset par les exposants négatifs. Né à Ashfort, comté de Kent, ennovembre 162G, Wallis avait spécialement étudié la théologie,la morale, les mathématiques. Il fut nommé, en 1G4Ü, à unechaire de géométrie, dans l’université d’Oxford . 11 publia diversouvrages sur les mathématiques.
Nous citerons, en terminant cette revue des principauxgéomètres du dix-septième siècle, Cavalieri et sa Géométriedes indivisibles, ouvrage ingénieux et original, qui ne fut passans influence sur la création de l’analyse transcendante ; —Roberval, l’antagoniste de Descartes , qui n’était pas un géo-mètre de premier ordre, mais qui figura avec honneur panaiceux du second ; — enfin Harrow, qui contribua, par l'inventionde triangle dififèrentiel , au développement de l’analyse infini-tésimale.
Physique. — Les anciens avaient été conduits, par desobservations qui se présentent naturellement dans une foule decirconstances, à supposer que l’air est pesant. Aristote l’avaitmême formellement annoncé ; mais ni ce philosophe, ni aucunautre n’avaient prouvé, par une expérience concluante, le faitde la pesanteur de l’air. A la fin du seizième siècle, la pesan-teur de l’air n’était guère encore qu’une conjecture, lorsqueGalilée , le premier, essaya de la prouver directement parl’expérience. Il pesa un vaisseau de verre plein d’air à l’étatnaturel; à cette première quantité d’air, il en ajouta uneseconde, par des injections au moyen d'un piston et d'une