AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
:ji
pompe ; alors pesant de nouveau le vase, il reconnut que son poidss’était accru par cette addition de fluide. Il essaj'a même dedéterminer le rapport du poids de l’air à celui d’un volumeégal d’eau ; mais le résultat qu’il obtint s’éloignait beaucoupde la vérité.
De temps immémorial on avait remarqué l’ascension del’eau dans les corps de pompe, et ce phénomène était expliqué,dans la doctrine péripatéticienne, par un principe métaphysique,une certaine horreur qu’on attribuait à la nature, pour le vide.Or, les fontainiers du grand duc de Florence , ayant construitdes pompes aspirantes dont les tuyaux excédaient en hauteurceux des pompes ordinaires, on ne put, malgré tout ce qu’onimagina, y élever l’eau au-dessus de 32 pieds. On demanda àGalilée l’explication de ce phénomène, et il ne put la donner.L’idée ne lui vint pas d’en chercher la cause dans la pressionque l’air, par son poids, exerce sur la surface du liquide où setrouve plongé le tuyau qui aspire. Il répondit, avec ironie sansdoute, qu’apparemment l’horreur que la nature a pour le videne s’étend pas au-dessus d’une hauteur de 32 pieds!
Torricelli , disciple de Galilée , méditant sur ce phénomène,soupçonna que la pression de l’air extérieur devait en être lavéritable cause. Pour vérifier cette conjecture, il raisonnacomme il suit : quelle que soit la cause qui fasse élever l’eau etla soutienne à la hauteur de 32 pieds dans un corps de pompe,cette cause devra élever et soutenir à la même hauteur unliquide quelconque d’un poids égal à celui de la colonne d’eaude 32 pieds de hauteur. Par conséquent, une colonne de mer-cure ne s’élèvera, dans les mêmes conditions, qu’à la quator-zième partie de 32 pieds (28 pouces), puisque le mercure pèsequatorze fois plus que l’eau. Pour faire l’expérience, Torricelli ferma hermétiquement par l’un des deux bouts un long tube deverre, puis il le remplit de mercure, le renversa, en tenant undoigt appliqué sur le bout ouvert, plaça ce bout dans une cu-vette qui contenait du même liquide, et enfin retira le doigt. Ilvit aussitôt le mercure descendre dans le tube, et se fixer à unehauteur d’environ 28 pouces. La cause qui soutenait la colonnede mercure était évidemment la même que celle qui soutenaitl’eau. Mais quelle était cette cause? C’était, selon lui, la pesan-teur de l’air.