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TABLEAU DE L'ETAT DES SCIENCES
Torricelli mourut à l’âge de trente-neuf ans, avant d’avoireu le temps de confirmer sa découverte par d’autres expé-riences. Il avait ajouté à la théorie de Galilée sur le mouve-ment des projectiles plusieurs propositions importantes.Il avait posé le fondement de la théorie du mouvement desfluides, en concluant d’une suite d’expériences et d’observa-tions, « qu’abstraction faite des résistances, les vitesses d’é-coulement sont comme les racines carrées des pressions. »Son ouvrage De motu gravium naturaliter accelerato porte àpenser qu’il eût reculé les limites de la science, si sa mort n’eûtété prématurée.
Pascal s’empara de l’idée qu’avait eue Torricelli , d’employer,pour étudier la pesanteur de l’air, des liquides de différentedensité, et il consigna les résultats qu’il obtint par ses expé-riences, dans son Traité sur le ride, ouvrage qu’il publia à l’âgede vingt-trois ans.
Personne n'ignore que Pascal fit répéter sur le Puy de Dôme ,par son beau-frère Perrier, l’expérience de Torricelli . On re-connut ainsi que la colonne de mercure diminuait dans le tube,à mesure qu’on s’élevait sur la montagne, et le fait de la pe-santeur de l’air parut alors indubitable. Pascal lui-même répétal’expérience, à Paris , sur la tour Saint-Jacques-la-Boucherie.
La pression atmosphérique, désormais hors de doute, servità expliquer une foule de phénomènes dont la véritable causeavait été jusque-là ignorée. L’idée du baromètre se présentabientôt à l’esprit de Pascal. Il exposa, dans son Traité sur lapesanteur de l'air, les expériences et les recherches auxquellesil s’était livré pour s'expliquer la composition physique del’atmosphère, et pour évaluer les effets de la pression de l’air.
Stévin avait établi, par des raisonnements fondés sur la naturedes fluides, les lois de leurs pressions. Pascal, partant du prin-cipe que les pressions des fluides s'exercent en raison de leurshauteurs verticales, quelle que soit d’ailleurs la forme duvase qui les contient, en fît découler toutes les lois de l’hy-drostatique. Dans cette partie des sciences physico-mathéma-tiques, Pascal alla un peu au-delà des limites où s’étaientarrêtés Stévin et Descartes .
Les travaux de Pascal en physique se bornent à ses observa-tions touchant la pesanteur de l’air. Pascal était un mathéma-