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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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AU DIX-SEPTIEME SIECLE

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ticien de premier ordre, mais l'exaltation de son mysticismereligieux lempêcha de donner suite aux idées qui pouvaient luivenir dans lesprit au point de vue des sciences physiques etmécaniques. Chez lui, le théologien illuminé tua de bonneheure le savant.

On nétait encore parvenu que d'une manière indirecte àpeser lair, lorsque Otto de Guericke , bourgmestre de Magde-bourg, en 1602, inventa la machine pneumatique. Cette ma-chine fut dabord très-imparfaite, mais, successivement perfec-tionnée, elle contribua puissamment aux progrès des sciencesphysico-chimiques. Dans un ouvrage qui a pour titre Expé-rimenta nova Magdeburgica de tacuo spalio , se trouvent expo-sées avec détails les expériences que lit Otto de Guericke aumoyen de cette machine. Quelques-unes excitèrent une curio-sité dautant plus vive quelles offraient des résultats vraimentprodigieux. Le bourgmestre de Magdebourg rendit évidentelinfluence de lair sur les phénomènes du son, de la combustion,de la respiration. Il démontra le fait de lélasticité de lair,présumé par les anciens, et annoncé par Sénèque . Ainsi ilétendit la connaissance des propriétés de lair atmosphérique,bien au delà, du terme lavaient laissée tous les physiciensvenus avant lui.

Oito de Guericke fut aussi le premier à aborder lexamendes phénomènes de lélectricité. Il prépara un globe de soufre,quil fit tourner sur son axe, au moyen dune manivelle. Ceglobe, frotté avec la main, produisit des effets remarquables :il attirait des corps légers, tels que des feuilles dor, desplumes, etc. Ce phénomène était, du reste, connu. Le médecinanglais Gilbert, à laide dun simple tube de verre, avait déjàfait des expériences électriques; mais ce quon navait pas en-core observé, et ce que découvrit Otto de Guericke , c'estquaprès le contact, le globe exerçait sur les petits corps élec-trisés une action répulsive, cest-à-dire quaprès les avoirattirés, il les repoussait (1). Otto de Guericke frotta le globedans lobscurité, et il vit quil en émanait de la lumière; ilapprocha sou oreille, et il entendit un bruissement. Il lit encoredautres observations sur les corps électrisés.

(I) Expérimenta nova Majdtbunjica.

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T. IV.