AU DIX-SEPTIEME SIECLE
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ticien de premier ordre, mais l'exaltation de son mysticismereligieux l’empêcha de donner suite aux idées qui pouvaient luivenir dans l’esprit au point de vue des sciences physiques etmécaniques. Chez lui, le théologien illuminé tua de bonneheure le savant.
On n’était encore parvenu que d'une manière indirecte àpeser l’air, lorsque Otto de Guericke , bourgmestre de Magde-bourg, né en 1602, inventa la machine pneumatique. Cette ma-chine fut d’abord très-imparfaite, mais, successivement perfec-tionnée, elle contribua puissamment aux progrès des sciencesphysico-chimiques. Dans un ouvrage qui a pour titre Expé-rimenta nova Magdeburgica de tacuo spalio , se trouvent expo-sées avec détails les expériences que lit Otto de Guericke aumoyen de cette machine. Quelques-unes excitèrent une curio-sité d’autant plus vive qu’elles offraient des résultats vraimentprodigieux. Le bourgmestre de Magdebourg rendit évidentel’influence de l’air sur les phénomènes du son, de la combustion,de la respiration. Il démontra le fait de l’élasticité de l’air,présumé par les anciens, et annoncé par Sénèque . Ainsi ilétendit la connaissance des propriétés de l’air atmosphérique,bien au delà, du terme où l’avaient laissée tous les physiciensvenus avant lui.
Oito de Guericke fut aussi le premier à aborder l’examendes phénomènes de l’électricité. Il prépara un globe de soufre,qu’il fit tourner sur son axe, au moyen d’une manivelle. Ceglobe, frotté avec la main, produisit des effets remarquables :il attirait des corps légers, tels que des feuilles d’or, desplumes, etc. Ce phénomène était, du reste, connu. Le médecinanglais Gilbert, à l’aide d’un simple tube de verre, avait déjàfait des expériences électriques; mais ce qu’on n’avait pas en-core observé, et ce que découvrit Otto de Guericke , c'estqu’après le contact, le globe exerçait sur les petits corps élec-trisés une action répulsive, c’est-à-dire qu’après les avoirattirés, il les repoussait (1). Otto de Guericke frotta le globedans l’obscurité, et il vit qu’il en émanait de la lumière; ilapprocha sou oreille, et il entendit un bruissement. Il lit encored’autres observations sur les corps électrisés.
(I) Expérimenta nova Majdtbunjica.
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T. IV.