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TABLEAU DE L’ETAT DES SCIENCES
Otto de Guericke eut, dans l’étude de l’électricité, de nom-breux émules, qui, à leur tour, contribuèrent au progrès de lascience.
Le P. Kirker, né en Allemagne , en 1002, joignait à unegrande érudition l’art d’exciter la curiosité par des expériencesagréables et amusantes. Il cultiva avec succès plusieursbranches de la physique. Il étudia les propriétés des lentilles,qu’il combina d’une manière ingénieuse avec les miroirs, pourconstruire sa lanterne magique. Il prouva, par une expérience,la réalité des miroirs brûlants d’Archimède . Il étudia d’unemanière spéciale le phénomène de la déclinaison de l’aimant:il considérait la terre comme un grand aimant, idée qu’il avaitempruntée à Gilbert.
En 1057, Léopold, grand duc de Toscane , constitua, à Florence ,Tun des premiers corps académiques qui aient existé en Europe ,et il le composa presque entièrement de disciples de Galilée .Les académiciens de Florence se livrèrent à des expériencesayant pour objet les divers effets de la pression atmosphé-rique, le vide, le rôle de l’air dans les phénomènes de la com-bustion, etc., expériences qui, conformément aux principesrecommandés par François Bacon, et mis en pratique par Ga lilée , tendaient à faire prévaloir l’étude de la nature sur lespréjugés de la doctrine péripatéticienne.
Galilée avait dit que l’eau acquiert, en passant de l’étatliquide à l’état solide, un plus grand volume. Les académiciensde Florence voulurent soumettre cette opinion à l’épreuve del’expérience. Ils remplirent d’eau des sphères de verre, decuivre, d’argent et d’or, et les exposèrent à un froid très-intense, artificiellement provoqué. Le volume de l’eau s’étantaccru par la congélation, les enveloppes de verre, de cuivre etd’argent furent brisées, ruais celle d’or résista, sans douteparce que l’or, plus ductile et plus malléable, se prête, par sonextension, à un accroissement de volume égal à celui que l’eauprend en se congelant. Mussenbroeck, ayant suivi toutes cesexpériences, conçut l’idée d’évaluer la force qui se manifestepar la formation de la glace, et il reconnut que cette forced’expansion est prodigieuse.
Les académiciens de Florence déterminèrent l’accroissementde volume que l’eau acquiert en passant de l’état liquide à l’état