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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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TABLEAU DE LÉTAT DES SCIENCES

culière des plantes venant dAmérique , entre autres du copal,du ricin, du baume de tolu et du tabac. Nicolas Monardès parledu tabac comme dune plante déjà usitée en Europe pour lesfumigations et pour lusage des fumeurs, mais il ne dit pas quelon sen servît pour priser. Cest ce botaniste qui le premierparla du haricot.

LEcluse (Clusius) fut le plus grand botaniste français du sei-zième siècle. Dans son ouvrage Rariorumplantarmn Mstoria,qui est accompagné de bons dessins, on trouve quelques lignesconsacrées à la pomme de terre. Ce tubercule ne fut pas,comme on la dit tant de fois, apporté dAmérique en Erancepar le navigateur anglais Walter Raleigh , laventureux favoride la reine Elisabeth. Ce furent les Espagnols qui, au retour deleur expédition du Pérou , la répandirent en Italie ; elle étaitdéjà très-commune dans ce pays en 1580. LEcluse avait beau-coup voyagé ; aussi donne-t-il la description de plus de six centsplantes nouvelles quil avait recueillies dans ses nombreusespérégrinations.

Les botanistes ne sétaient jusque- nullement appliqués àclasser les plantes. Les quelques essais faits dans ce but avaientété fort mal dirigés. Tantôt on avait fondé les divisions sur lesusages, les lieux dorigine de la plante ou sur des caractèrestrès-variables. Tantôt, on sétait borné à les ranger par ordrealphabétique. Mais les seuls caractères sur lesquels on pûtasseoir une bonne méthode étaient les organes dont lexis-tence est constante, tels que la fleur, le fruit, la graine. Mathias de Lobel entra le premier dans cette voie, en 1538. On voitdans son ouvrage quil avait le sentiment des familles natu-relles, car les graminées, les orchidées, les palmiers et lesmousses y sont assez bien caractérisés et rapprochés. Lobelsaisit très-bien la distinction entre les plantes que lon a appe-lées de nos jours monocotylèdones et dicotylédones.

Mais un botaniste dune bien plus grande portée fut Césalpin .Ce savant connaissait à fond les ouvrages dAristote , de Pline etde tous les anciens. Son traité I)c plantis, publié à Florence ,en 1583, est louvrage de botanique le plus remarquable qui eûtparu jusqu'alors. Césalpin établit quil existe des plantes fe-melles; que les mâles sont celles qui portent des étamines.U fit aussi plusieurs découvertes sur la physiologie végétale.