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TABLEAU DE L’ÉTAT DES SCIENCES
une même plante par chaque auteur. Il fît ce que l’on appelleune synonymie, c'est-à-dire qu'il réunit en un tableau les nomsdivers donnés à une même plante. Son ouvrage lui coûta qua-rante années de travail.
Les progrès de la botanique furent suspendus après la mortde Bauliin. Les guerres presque continuelles qui tourmentèrentl’Europe jusqu’au dix-septième siècle expliquent cet arrêtdans les études. Il faut arriver jusqu’à Tournefort et ses con-temporains pour trouver sur la sciences des plantes un ouvragede quelque valeur.
Ce qui contribua à activer les progrès de la botanique, ce futla création des jardins d’étude. Le premier fut établi à Pise ,en 1543, par les ordres du grand duc Côme I er . Luc Ghini enfut le directeur, et Césalpin lui succéda. En 1545, la répu blique de Venise fit établir un jardin botanique à Padoue . Flo-rence, en 155G, appela Luc Ghini, et le chargea d’en établirun semblable, pour l’instruction des étudiants. Bologne etRome imitèrent cet exemple. Aldrovande fut le directeur dujardin botanique de Bologne ; celui de Rome fut placé dans lepalais même du pape, au Vatican .
Jusque-là tous les jardins botaniques avaient été établis enItalie . Leyde , en 1568, fut la première ville allemande quisuivit cet exemple. Vint ensuite Leipsig.
Ce n’est que sous Henri IV que fut créé le premier jardinbotanique que la France ait possédé. Il fut fondé à Mont pellier , en 1597. Au bout de quelques années, le jardin bota-nique de Montpellier était tombé dans un fâcheux état, fautede fonds destinés à son entretien. On proposa d’en établir unautre à Paris ; mais ce projet ne fut mis à exécution qu’en1626, sur les instances de Guy de La Brosse , médecin deLouis XIII .
Guy de La Brosse représenta au roi que Paris étant devenu,comme l’était Montpellier , un centre scientifique, il était indis-pensable, pour l’instruction des élèves en médecine et pour lesprogrès de la botanique, d’établir dans la capitale un jardind’études. Guy de La Brosse mit tant d'empressement à l’instal-lation de ce jardin, que, grâce à l’assistance du cardinal de Ri-chelieu et de l’intendant des finances, au bout de dix annéesseulement, le Catalogue du jardin du roi embrassait plus de deux