AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
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mille plantes. Ilérouard, premier médecin du roi, fut nomméintendant de cejardin. Guy de LaBrosse, qui lui succéda, esti-mant qu’il fallait répandre dans le public la connaissance desplantes, créa trois places de professeurs et une place de démons-trateur. Le professeur donnait l’enseignement théorique dansun cours oral ; le démonstrateur répétait pratiquement le coursau jardin et à la campagne.
Le Jardin des Plantes de Paris fut négligé ensuite pendantquelques années. Mais Fagon vint, et se consacra avec ungrand zèle à l’avancement de la botanique. Xon content d’avoirressemblé des milliers de plantes dans 1 e jardin du roi, Fagon entreprit plusieurs voyages dans les Cévennes, dans l’Au-vergne, dans le Languedoc , les Alpes et les Pyrénées . Il rap-porta de ses excursions une grande quantité de plantes, dont ilenrichit le jardin botanique de Paris .
Tournefort succéda à Fagon dans les fonctions d’intendant dujardin du roi.
Pendant cet intervalle, des jardins botaniques avaient étéfondés en Allemagne . Giessen (dans le duché de Hesse ), enpossédait un. En 1625, la ville de Nurembeig en fit établir unautre pour la faculté d’Alfort. Il en existait un à Iéna en 1629.L’Angleterre entra plus tardivement dans cette voie. Le jardind’Oxford ne date que de 1610. Pendant la même année, on enfondait un à Copenhague . Le jardin d'Upsal, qui servit auxétudes de Linné , fut établi en 1657. L’Espagne fut la dernièreà suivre ces bons exemples; ce n’est que du dix-huitième siècleque datent les jardins botaniques de Madrid , et de Coïinbre enPortugal .
Géologie. — Au commencement du seizième siècle , desfouilles que l’on faisait à Vérone , pour certains travaux, ame-nèrent la découverte d’une multitude de pétrifications curieuses.On avait déjà proposé diverses hypothèses, plus ou moins sou-tenables, pour expliquer ce phénomène, lorsque le médecinFrascator, homme d’un esprit juste et d’une grande érudition,déclara que, selon lui, ces coquilles avaient appartenu à desêtres qui avaient autrefois vécu dans l’endroit même où l’onvenait de trouver leurs dépouilles. Il réfuta, par des arguments'péremptoires, toutes les hypothèses relatives à l’origine de cescoquilles, sans excepter celle qui les attribuait au déluge biblique.