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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

Mais le ministre protestant, mari de Marguerite, ne voyaitpas de bon œil, dans sa maison, la présence de son jeunebeau-frère. Il ne le renvoya pas de chez lui après la gué-rison; seulement, pour laccoutumer de bonne heure sans douteà gagner son pain, il lemploya aux travaux des champs. JeanKeppler navait fait que changer de servage : il nétait plusvalet dauberge, mais il était garçon de ferme.

On ne tarda pas cependant à s'apercevoir que les fatigues dulabourage étaient au-dessus des forces dun adolescent au tem-pérament faible et maladif. On changea donc de dessein à sonégard. En le voyant maigre, pâle, épuisé et se traînant à peine,on éprouva pour lui un sentiment de commisération, et on sedécida à le préparer à la carrière théologique. La théologieétait alors, en Allemagne , une profession, comme chez nouslétat ecclésiastique.

En 1580, Keppler, alors âgé de dix-huit ans, entra à lécolede lancien monastère de Maulbronn , qui, depuis la réforme,servait dinstitution préparatoire à lUniversité de Tubingue. Ildevait sy préparer à la théologie. Son éducation, qui jusqueavait été fort négligée, comme on vient de le voir, se fit auxfrais du duc de AVirtenberg. f

Malgré son application, le jeune Keppler ne put dabord par-venir quà grandpeineà plier son esprit, encore inculte, à desefforts soutenus. Les succès ne furent au commencement quedouteux et médiocres. Il ne figura pas au premier rang danslexamen auquel il fut soumis à Tubingue , pour obtenir letitre de bachelier. Cette distinction, dit Arago, fut décernéeà John Hippolyte Brentius, dont le nom à ce que je pense,n'est compris dans aucun dictionnaire historique. »

Cependant les facultés intellectuelles du jeune Keppler, sti-mulées par lesprit de controverse, sortirent de leur engour-dissement. Notre séminariste passa bientôt à lUniversité deTubingue. Malheureusement, il eut limprudence de se mêleraux luttes passionnées de la théologie. Il se laissa aller à com-poser des brochures contraires à lorthodoxie protestante, cequi le fit juger indigne de tout avancement dans la hiérarchieecclésiastique.

Le pauvre jeune homme était menacé d'être rejeté, une foisencore, dans les plus graves embarras du présent et de l'avenir ;