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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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JEAN KEPPLER

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car la carrière ecclésiastique lui était désormais interdite. Parbonheur, l'idée lui vint de sadonner, avant de quitter lUniver-sité, à létude de lastronomie, et de suivre, dans ce but, lesleçons du professeur Mœstlin.

Michel Mœstlin, l'un des premiers partisans de Kopernik ,avait été appelé, en 1584, de Heidelberg , il professait lesmathématiques, à une chaire dans l'Université de Tubingue.A peine Keppler eut-il entendu les premières leçons deMœstlin que son esprit entra dans une direction nouvelle. Ilabandonna la théologie pour se livrer entièrement à l'étudedes sciences physico-mathématiques.

Mœstlin lui donna gratuitement des leçons de mathématiqueset d'astronomie.

« Dès que je pus apprécier, écrit Keppler , les charmes de la philoso-phie, jembrassai avec ardeur tout son ensemble. Je ne manquais pas dedispositions naturelles, et je comprenais assez bien ce qu'un enseignaitde géométrie et dastronomie dans les écoles. Mais il ny avait rienqui pût décider de ma vocation. Jétais élevé aux frais du duc du Wirten-berg; et lorsque je voyais mes camarades hésiter, sur linvitation de leurprince, à voyager à létranger, je résolus daccepter tout ce quon me des-tinerait. Le premier emploi qui soiïrit à moi fut celui dastronome. »

Mœstlin avait composé un Traité sur les dimensions des or-bites des plané tes, selon le système de Kopernik , à une époque c'était un grand mérite de comprendre que la théorie delastronome polonais est plus rationnelle que celle de Ptolémée .Cest par lui que Keppler fut initié aux. grandes études mathé-matiques et au système de Kopernik . Aussi, de tous les titresde Mœstlin, le plus honorable devant la postérité sera-t-ildavoir eu Keppler pour disciple.

En 1593, Keppler fut nommé, par les Etats de Stvrie, pro-fesseur de mathématiques et de morale à Graetz.

Il y avait quelque danger pour lui, luthérien et libre penseuren philosophie, à occuper une chaire dans un pays lesprotestants étaient soumis à de véritables persécutions. Cepen-dant, comme il fallait vivre, il se décida. Il partit de Tubingue ,le 11 avril, pour aller prendre possession de sa chaire, et ilentra en fonctions le 24 du même mois. Il n'avait encore quevingt-deux ans.

Au seizième siècle, comme dans les siècles précédents, il