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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE

était dusage, dans la plupart des Universités, de confier au' professeur de mathématiques la rédaction d'un calendrier, ac-compagné, selon les habitudes du temps, du cortège obligédes pronostics et prédictions sur les récoltes futures et les sai-sons. Keppler, dès son arrivée à Graetz, songea à se mettre enmesure daccomplir cette partie de sa tâche. Son calendrierpour lannée 1595, calculé selon la réforme grégorienne, parutvers la fin doctobre 1594. Il en envoya des exemplaires à sesamis : le premier fut adressé à Mœstlin, son maître.

Les études théologiques, qui avaient occupé, le jeune sémi-nariste à lUniversité de Tubingue, avaient laissé dans son es-prit une vive tendance vers le mysticisme religieux. Keppler faisait un assez étrange assemblage des idées théologiques deson temps avec les connaissances astronomiques quil venaitdacquérir. Cest ce quon voit dans les lettres quil adressaità Mœstlin.

« Avant la création du monde, lui écrivait-il (U, il ny avait dautrenombre que la Trinité, qui est Dieu lui-même. Le monde a été créé avecnombre et mesure. Laissant de côté tous les corps irréguliers, il resteseulement six corps réguliers, savoir : la spbère et cinq corps rectili-néaires (ces cinq corps roctilinéaires sont : le cube, qui a pour faces sixcarrés égaux ; le tétraèdre, qui a pour faces quatre triangles équilatéraux;\'icosaèdre, formé par vingt de ces mêmes triangles; et enfin le dodé-caèdre, qui a pour faces douze pentagones réguliers et égaux. On prouve,en géométrie, que ces corps sont les seuls quil soit possible de. formeravec des plans égaux et réguliers).

« La sphère, continue Keppler, appartient au dernier ciel. Le monde,mobile et immobile, est double. Le monde immobile est occupé par lesétoiles fixes, par le soleil, par léther intermédiaire, trois éléments qui cor-respondent, dans la Trinité, au Fils, au Père et au Saint-Esprit. Le mondemobile est occupé par les six planètes tournant autour du soleil, quiprésente limage du père créateur. Le soleil distribue le mouvementcomme le Père répand le Saint-Esprit (2). »

Telles étaient les singulières opinions astronomiques de IŸep-pler à làge de vingt-quatre ans. Il y a loin de à sa décou-verte des grandes lois qui régissent les mouvements célestes.

Les appointements de professeur à Graetz nauraient passuffi aux besoins de son existence. 11 était obligé de faire, dans

(1) Lettre du 3 octobre 1S95, traduction de M. Hœfer.

(2) Keppler : Opéra omnia, édition de Ch. Friscb, t. I, p. 2.