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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE

nome danois , chassé d'Uraniebourg par les mauvais procédésde ses compatriotes, quittait le Danemark pour se rendre enAllemagne , le livre ne lui parvint que lannée suivante. Tycliolui répondit dune manière bienveillante et polie. Il regrettaittoutefois que le jeune auteur eût pris pour base de ses re-cherches le système de Ivopernik. Il lengageait à laisserdes spéculations oiseuses, et à soccuper des observations quelui, Tyclio, vieilli dans létude du ciel, avait pu faire pendantun grand nombre dannées. Il terminait sa lettre en linvitantà se rendre auprès de lui.

Comme Iveppler nacceptait pas avec empressement cetteinvitation, Tyclio crut devoir la renouveler avec plus dinstance.Mais ce ne fut que vers le commencement de lannée 1000(nous dirons tout à lheure à quelle occasion) que Iveppler sedécida à accepter les offres de Tyclio.

Iveppler était si satisfait des découvertes quil croyait avoirfaites dans son Myslerium cosmograpMcum, il leur attribuaitune telle importance, quil naurait pas voulu y renoncer,disait-il, lors même qu'on lui eût offert, à titre de compensa-tion, lélectorat de Saxe! Cet ouvrage navait pourtant rien deremarquable. Les vrais connaisseurs pouvaient seuls y décou-vrir les premières étincelles dun génie prêt à se développer.Tycho-Drahé ne s'y trompa pas.

Quelles que soient les préoccupations du savant, il estdans la vie de lhomme un âge oii, malgré tout le charmequon trouve à l'étude, on sent quon nest pas fait pourvivre isolé. Iveppler touchait à sa vingt-sixième année; saposition à luniversité de Graetz le mettait en évidence,et l'entourait dune certaine considération. Il songea doncaux pures et légitimes joies d'un mariage bien assorti. Cenétait encore quun rêve; mais, pour changer ce rêve en unedouce réalité, il ne lui manquait plus que de trouver unefemme répondant aux besoins de son cœur, et à laquelle ilsût plaire.

Il rencontra cette femme dans Barbara de Millier, jeuneveuve, noble et belle, et il la demanda à ses parents. Onpromit de la lui accorder lorsqu'il aurait exhibé ses preuvesde noblesse. Ces preuves, que le jeune professeur fut obligé defaire venir du. duché de Wirtenberg, consistaient sans doute