Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
67
JPEG-Download
 

JEAA' KEPPLER

C

il sattachait trop peu à flatter les désirs du maître. Commeautrefois Philippe de Macédoine , AVallenstein eût voulu dicterlui-même les oracles au destin. Ne trouvant pas dans Ivepplertoute la souplesse quil exigeait, il le destitua, et le remplaçapar un astrologue italien , nommé Zéno, qui savait faire teniraux astres un langage conforme aux volontés des princes.

Iveppler essaya, mais en vain, de se faire payer les arréragesde sa pension, conformément aux conditions fixées par ledécret impérial. Il fit de fréquents voyages à cheval entre Linz et Ratisbonne , et consuma le reste de sa vie en démarchesinutiles. Enfin, épuisé par la fatigue, par le chagrin, par lamisère, il mourut à Ratisbonne , en 1029, à làge de 58 ans.

« Il laissa à sa mort, dit Arago, 22 écus, un habit, deux chemises, etpas d'autres livres que cinquante-sept exemplaires de ses Éphé nié rides,et seize exemplaires de ses Tables Rudolpliinrs. Il avait sans doute vendupièce à pièce tout le reste pour avoir du pain... Mais les princes quilavait servis, même dans leurs caprices, lui devaient, à cette époque29,000 florins. »

Il fut enterré avec cette épitaphe, quil avait composée lui-même :

Mensus eram cœlos, mine lerræ melior timbras :

Mens cœleslis eral, corporis ambra jacet.

Ce qui peut se traduire ainsi .-

J'ai mesuré limmensité des cieux,

Je mesure à présent les ombres de la terre;

Mon esprit descendait des dieux,

Ici repose ma poussière.

Peu dhommes ont eu une vie tout à la fois plus laborieuse etplus tristement agitée que celle du malheureux astronome dontnous venons de raconter la vie. Que de déceptions, de change-ments de demeure, de courses, de poignantes sollicitudes; ettout cela pour naboutir jamais quà la misère ! Le chagrin etlépuisement abrègent son existence ; il meurt, ne laissant à safemme et à ses enfants que son souvenir et la gloire de son nom.

Mais sa gloire, qui navait pu le faire vivre, fut encore inutileaprès lui, à sa veuve et à ses enfants. Le malheur, qui navaitjamais cessé de le poursuivre durant sa vie, parut, après sa