JEAN KEPPI/EI!
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la réfraction. Il essaie quantité de rapports, en les comparantavec la table dressée par Yitellion, et avec celle des réfractionsastronomiques donnée par Tj'cho-Brahé. Il n’atteint pas le but,mais par ses tâtonnements et ses erreurs, il aide à tracer lavoie qui peut y conduire. Il n’est pas plus heureux dans laquestion d’optique qui a pour objet de trouver une surfaceréfringente, ayant la propriété de rendre tous les rayons partisd’un même point, soit parallèles entre eux (surface parabo-lique), soit convergents vers un point donné (surface elliptiqueou hyperbolique).
Il compose la réfraction astronomique de deux parties, l’uneproportionnelle à la distance de l’astre au zénith, l’autre crois-sant comme la sécante de l’arc qui mesure cette distance ; etavec cette règle inexacte, il parvient, d’après deux réfractionsobservées à de petites hauteurs, à dresser une table moinsinexacte et plus complète que celle de Tycho.
En observant la lune dans une chambre obscure, il trouveque, sur le disque lunaire, la lumière des bords est plus viveque celle du centre.
Avant Keppler, on n’avait su tirer aucun parti de's éclipses desoleil ; par les moyens qu’il indique, l’observation de ce phéno-mène devient la méthode la plus sûre pour déterminer lesméridiens. Il prouva, contre l’opinion de Tycho et de Rothman,que, dans les limites d’exactitude dont les observations étaientalors susceptibles, la réfraction lumineuse de tous les astres, àhauteur égale, est la même, et qu’elle ne dépend ni de la dis-tance des astres à la terre, ni de leur éclat. Il soupçonna que laréfraction devait un peu varier avec l'état de l’air. Il trouve lesdimensions verticales du soleil diminuées par la réfraction, d’oùil tire la conséquence que le disque solaire doit paraître ellip-tique. Il suppose que le soleil est le corps le plus dense de lanature, en quoi, selon Newton, il se trompe beaucoup. Il estplus heureux quand il admet que la masse solaire est plusgrande, à elle seule, que les masses réunies de toutes les pla-nètes. Il croit que la lune a beaucoup d’analogie avec la terre,et quelle pourrait aussi avoir des habitants. Il exprima cetteopinion six ans avant que Galilée eût observé la lune avec letélescope.
Il y a, dans cet ouvrage de Keppler , beaucoup d’idées justes