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SAVANTS 1)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
voie lactée, les taches du soleil, découvert les satellites de Ju piter , et commencé à faire paraître par livraisons le Nuntiussidereus. Établi à Florence , il reprit avec ardeur le cours de sesobservations : il découvrit les phases de Vénus , qu’il annonçaaux astronomes sous le voile d’un anagramme. Il remarquaaussi des changements notables dans le diamètre apparent deMars et dans l’éclat de cette planète.
Pendant le séjour qu’il fit à Rome , en 1011, il montra lestaches du soleil à un grand nombre de personnes, et à plusieurscardinaux, avides de voir les curieux phénomènes récemmentdécouverts dans le ciel (1).
C’est à cette époque que commence la lutte que Galilée eutà soutenir contre les péripatéticiens et les théologiens, et quidevait si mal finir pour notre philosophe.
La sensation que firent à Rome les nouvelles découvertesastronomiques de Galilée et les discussions qui s’élevèrent àcette occasion, sur le mouvement de la terre, admis par le pro-fesseur de Florence , finirent par attirer l'attention de quelquesgrands personnages de l’Église. Le cardinal Bellarmin s’adressaà quatre jésuites, au nombre desquels se trouvait l’astronomeClavius, et leur demanda ce qu’ils pensaient des découvertesde Galilée . Leur réponse, qui fut rendue publique, prouve qu’àcette époque, les ecclésiastiques ne repoussaient pas les nou-velles observations faites dans le ciel. Ce fut pour mieux ex-pliquer lui-même la nature de ses découvertes et en écarter lesconséquences que l’on y entrevoyait contre la religion, queGalilée crut devoir se rendre à Rome . Après avoir obtenu àRome un immense succès, il partit de la ville éternelle, où illaissait des amis enthousiastes, mais plus d’un ennemi (2).
De retour à Florence , Galilée désirait continuer ses obser-vations astronomiques, et terminer les ouvrages qu’il avait com-mencés. Mais il fut quelquefois obligé de porter son esprit derecherche et d’investigation sur des questions, souvent biendifférentes, dont la solution lui était demandée. Le grand ducde Toscane aimait les sciences. Un de ses plus agréables délas-sements était de réunir des savants, et de les entendre discuter
(1) Xelli, Vita di Gaiileo.
(2) Venturi, cité parLibri, Histoire des sciences mathématiques en Italie, t. IV, p.22î.