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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

de la chrétienté. Il espérait, à cette occasion, faire révoquerla sentence qui condamnait le système de Ivopernik. Urbain VIII l’accueillit avec toutes les marques d'une vive sympathie, etGalilée retourna à Florence , persuadé que, sous le nouveaupape, le s} r stème de Kopernik pourrait s’établir librement.

Il se faisait en cela une fausse idée du pouvoir pontifical.Urbain VIII était lié par la sentence qu'avait rendue, sous lepape Paul V , la congrégation de Y Index, sentence approuvéepar ce dernier pontife. C'était un précédent qui, dans l’Église,avait force de loi. Urbain VIII n'aurait pu la considérer commenon avenue sans détruire son propre pouvoir.

Pour entretenir le pape dans ses bonnes dispositions, Galilée fit encore deux voyages à Rome , l’un en 1628, l’autre en 1630.

Dans le dernier de ces voyages, il portait avec lui le manus-crit de ses Dialogues sur les deux grands systèmes du monde.Comme cet ouvrage figure au premier rang parmi les motifsdu grand procès intenté à Galilée par l’inquisition romaine, ilsera bon de nous y arrêter un moment.

Les Dialogues de Galilée étaient le fruit de seize années deméditations et d’études. Tout ce que peut imaginer de délica-tesse et d'agrément l’esprit le plus délié et le plus fin, tout ceque peut admettre le goût le plus éprouvé, Galilée l’emploiepour rendre attrayante la vérité scientifique. Il met en scènetrois interlocuteurs. Les premiers sont deux personnages deVenise , Sagredo et Sahiati, hommes du monde, spirituels,instruits, qui écoutent, examinent, discutent, proposent desdoutes, et ne se rendent qu’à des raisons évidentes. Le troi-sième est Simplicio, vieux péripatéticien, tout entiché de lascolastique, et qui déclare les choses vraies ou fausses, selonquelles sont conformes ou opposées aux assertions d’Aristote .La moindre plaisanterie sur ce point est insupportable à Sim-plicio , qui ne se rend à aucun argument.

C’est à l’occasion des Dialogues, qu’éclata entre le pape etGalilée cette scission profonde qui devait aboutir si rapidementà l'accusation et à la condamnation de l’astronome florentindevant le Saint-Office. Jusqu’à ce moment, aucune espèce dedivision n’avait existé entre ces deux hommes. Lorsqu'il n’étaitencore que cardinal, Barberini, comme nous l’avons dit, avaitvécu en relations d’amitié avec Galilée ; il avait toujours