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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DÜ DIX-SEPTIEME SIECLE

dans la philosophie - , mais il put même attenter jusqu'aux droitssacrés du syllogisme, cette arche sainte des péripatéticiens,non pas à la vérité pour le détrôner tout à fait, mais pourl’obliger à rentrer dans les limites de son vrai domaine. Lesyllogisme lui paraissait un moyen bon tout au plus à exposerles vérités que l’on connaît déjà, mais tout à fait incapable denous en faire découvrir de nouvelles. L’école ne l'entendaitpas ainsi et attribuait de plus grandes vertus à son argumentfavori, que Descartes traite alors d’autant plus durement : «Lessyllogismes qu'on enseigne dans les écoles, dit-il, servent moinsà apprendre les choses qu’on veut connaître qu’à parler sansjugement de celles qu’on ignore. »

Il paraît que Descartes , encore sous la direction des pèresjésuites , niait déjà, tout en bloc (in glolo), la métaphysique etla physique qu’on enseignait dans le cours de philosophie deLa Flèche . Par ce qu'il vient de dire touchant le syllogisme,il nous avertit que la logique même lui était suspecte, et eueffet, il ne l'acceptait que sous bénéfice d'inventaire. Aussi, detout l’art confus et obscur de la logique scolastique, Descartes ne voulut-il retenir que ces quatre préceptes, sur lesquels s’ap-puie toute sa philosophie. Le reste ne lui paraissait proprequ’à fatiguer l'imagination et à embarrasser l’esprit. Voici lesquatre préceptes dont il s’agit :

« Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, queje ne la connusse évidemment être telle, c'est-à-dire d’éviter soigneuse-ment la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plusen mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distincte-ment à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre endoute ;

« Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerais en au-tant de parcelles qu’il se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieuxrésoudre;

“ Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençantpar les objets les simples et les plus aisés à connaître, pour monterpeu à peu et connue par degrés jusques à la connaissance des plus com-posés, et supposant même de l’ordre entre ceux qui ne se précédent pointnaturellement les uns les autres;

« Et le dernier, défaire partout des dénombrements si entiers et desvues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre.

La morale de l’école, ou du moins les procédés à l’aide des-quels on l’enseignait, n’avaient pas semblé meilleurs à Descartes