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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

sans doute à titre de repoussoir, comme Thersite, qu’Homère place au milieu des héros et des dieux de l’Iliade. L’hommequi joua ce rôle, quelque peu grotesque, au milieu des amis deDescartes, fut un ecclésiastique, nommé Claude Picot . Il ne secontentait pas d’ètre le partisan le plus passionné de Descartes ,dont il avait un des premiers embrassé la doctrine. Disciple peuintelligent et d’autant plus fanatique, il exagérait et outrait dela façon la plus étrange, tout ce que le maître avait dit ou écrit,particulièrement s'il s’agissait d’une erreur. A l’époque oùDescartes , échauffé par ses études sur l’organisme humain,commença à croire qu’il serait possible de prolonger la duréede la vie bien au-delà du terme ordinaire, l’abbé Picot n’hési-tait pas à promettre, soit l’immortalité, soit tout au moinsquatre ou cinq cents ans d’existence, à ceux qui suivraientfidèlement la médecine et la diététique cartésiennes. Le maîtreavait sans doute considéré que, chez un pareil élève, le dé-faut d’intelligence pouvait être compensé par un excès de zèle,qui trouva d’ailleurs son emploi.

Le bon abbé Picot forma la liste des amis que Descartes s’attacha dans Paris , durant ce long séjour, qui devait être ledernier. Avec plusieurs, il trouvait à employer utilement sesjournées ; mais tant de visites à rendre ou à recevoir, agitaientsa vie, et amenaient des pertes de temps, qu’il se reprochait. Iln’avait pas, toutefois, absolument renoncé aux distractions; maisil les voulait à ses heures, et entendait les choisir. Il allaitpasser quelques jours à la campagne chez un ami. Il fit mômeun second voyage en Bretagne et en Poitou, pour revoir encoreson père et quelques parents du côté maternel. Enfin il se crutobligé, en sa qualité de gentilhomme, d’aller à la cour, alors àFontainebleau, pour les fêtes de l’Assomption , et de saluer denouveau le neveu du pape Urbain VIII , auquel il avait déjàprésenté ses hommages à Rome , au moment où il venait d’êtrenommé légat près la cour de France.

C’est un fait assez bizarre chez un philosophe déterminé àvivre séparé du monde, que cet empressement à se montrerdans toutes les cours, les jours de grande cérémonie. A partirde la Hollande, oà il a commencé à hanter les antichambresdes rois, si on le suit à Bruxelles, à Francfort, à Venise , àRome, à Fontainebleau , on croirait voir en lui un ambitieux