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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCARTES

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qui -va chercher à leur source la faveur et la fortune. Mais noussavons déjà que Descartes n’est rien moins que cela. Il n’est pasplus courtisan dans les cours, qu’il n'est soldat dans les armées;il est seulement un honnête gentilhomme, persuadé qu’en fré-quentant la cour il ne fait que remplir une obligation de sonrang. Il est surtout un observateur que la curiosité attire dansdes milieux où il semble, à première vue, que la philosophien’a rien à voir.

Descartes s’était encore fait une sorte de loi de repousser lesfaveurs des grands, lorsqu’elles paraissaient venir d’elles-mêmes le chercher. On raconte que Desargues , qui jouissaitd’un grand crédit auprès du cardinal de Richelieu, ayant faitconnaître à ce ministre tout le mérite de son ami, Descartes se borna à le remercier du zèle qu’il venait de montrer pourlui en cette occasion, en le priant de ne pas le pousser plusloin.

Notre philosophe pouvait donc, à bon droit, se vanter, commeil le fit plus tard, d’avoir toujours traité la fortune avec beau-coup de fierté. Il paraît, d’ailleurs, que la fortune lui rendit sesmépris. Dans une lettre qu’il écrivait à M. Chanut, ambassa-deur de France en Suède et son ami, Descartes se montre très-persuadé que cette déesse n’est pas aussi aveugle qu’on le sup-pose, et qu’elle garde rancune à ceux qui l’ont dédaignée.

« Il semble, dit-il, que la fortune est jalouse de ce que je n’aie jamaisrien voulu attendre d’elle, et que j’aie tâché de conduire ma vie de tellesorte qu’elle n’ait sur moi aucun pouvoir; car elle ne manque jamais deme désobliger, dès qu’elle peut en avoir quelque occasion. »

L’ennui de revoir la foule des importuns et des fâcheux re-venir à l’assaut de son domicile, ou le désir de se montrer unefois encore au roi, décida Descartes à quitter Paris , pour assis-ter au siège de La Rochelle . Il eut le plaisir d’y retrouver sonami Desargues, que le cardinal de Richelieu avait amené aveclui, à cause de ses talents d’ingénieur. Descartes arriva à La Ro-chelle au moment où le siège était déjà fort avancé. Il prit ungrand intérêt à en suivre les opérations, notamment la cons-truction de cette fameuse digue, qui devait amener la redditionde la place, en fermant le passage à la flotte anglaise qui appor-tait des secours aux protestants de La Rochelle . Cependant Des-