Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
192
JPEG-Download
 

192

SAVANTS Dü DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

cartes ne put rester simple spectateur dans l’année; il pritpart à quelques actions, comme volontaire, suivant sa coutume,et à l’exemple de plusieurs gentilshommes français , qui étaientvenus, en volontaires aussi, dans le quartier du roi.

Dès que la ville fut rendue, il revint en poste à Paris , et nesongea plus qu’à chercher à l’étranger cette retraite absolue etinviolable, dont les sérieux travaux qu’il préparait lui faisaientdésormais une nécessité.

Ce fut dans l’hiver de 1028 à 1029 qu’il exécuta cette réso-lution. Pour ne pas en être détourné par ses parents et sesamis, il ne prit congé ni des uns ni des autres, et se contentade leur écrire. Avant de quitter Paris , il s’était assuré de labonne volonté de son ami Mersenne , pour être l’intermédiaireunique par les mains duquel passeraient toutes les lettres qu’onlui écrirait de France à l’étranger, et toutes les réponses qu’ilrenverrait en France. Mersenne , à qui il devait faire connaîtrele lieu de sa résidence, promit d’en garder le secret pour luiseul. Un agent lui était nécessaire pour toucher ses revenus,opérer le recouvrement des créances qu’il laissait en France ,en un mot, pour prendre soin de ses affaires domestiques. Cefut l’abbé Picot qu’il investit de ces fonctions, et il est juste dedire, à la louange de ce fidèle mandataire, qu’en épargnant àDescartes beaucoup de soins et de grandes pertes de temps, lebon abbé mérita bien de la philosophie.

On n’a jamais pu savoir où Descartes avait passé ce premierhiver, après sa sortie clandestine de la capitale. Il est probableque ce fut en France , dans quelque village des provinces duNord. Il avait choisi à dessein une région assez froide pours’accoutumer d’avance, et par degrés, au climat de la Hollande ;car c’était dans ce pays, où beaucoup de souvenirs le rappe-laient sans doute, qu’il allait chercher enfin la tranquillité né-cessaire à ses travaux. Il y arriva sans bruit, vers la fin du moisde mars 1629.

Descartes , dans ce second séjour en Hollande, est bien diffé-rent de ce qu’il s’était montré dans sa première jeunesse et audébut de ses voyages. Il a maintenant trente-trois ans; latransformation est complète. C’est toujours le même homme,mais ce n’est plus le même personnage. Il s’est défait de sesderniers préjugés; plus d’habit de taffetas vert, ni de plumet,