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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCARTES

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ni d’épée; il a laissé cette défroque de gentilhomme au campde La Rochelle. Descartes , en Hollande, n’est plus qu’unphilosophe, comme il faut l’être quand on va exercer la pro-fession de savant au milieu d’un peuple de bourgeois répu-blicains, dans la patrie d’Érasme, de Van Helmont et deVossius .

En Hollande, Descartes avait trouvé une manière très-ori-ginale d’organiser sa solitude. Il la cherchait au milieu de lafoule. On ne sera peut-être pas fâché d’apprendre de lui-mêmecomment il méditait dans ce qu’il a si bien appelé « un désertd’hommes ». Ce qui suit est extrait d’une lettre que Descartes adressait, d’Amsterdam, à son ami Balzac , qui songeait à se re-tirer dans cette ville :

« Puisque vous m'assurez tout de bon que Pieu vous a inspiré dequitter le monde, je croirais pécher contre le Saint-Esprit, si je tâchaisde vous détourner d’une si sainte résolution. Vous devez pardonner àmon zèle si je vous convie de choisir Amsterdam pour votre retraite etde le préférer non-seulement à tous les couvents des capucins et deschartreux, où beaucoup de gens se retirent, mais aussi à toutes les plusbelles demeures de Franco et d’Italie , et même à ce célèbre ermitagedans lequel vous étiez l’année passée. Quelque accomplie que puisse êtreune maison des champs, il y manque toujours une infinité de commoditésqui ne se trouvent que dans les villes; et la solitude même qu’on yespère ne se rencontre jamais toute parfaite. Je veux que vous y trouviezun canal, qui fasse réver les plus grands parleurs; une vallée si solitaire,qu’elle puisse leur inspirer du transport et de la joie. Mais il est difficileque vous n'ayez aussi quantité de petits voisins qui vont aussi vous im-portuner, et de qui les visites sont encore plus incommodes que cellesque vous recevez à Fans. Au lieu qu'à cette grande ville où je suisn’ayant aucun homme, excepté moi, qui n’exerce la marchandise,•chacunest tellement attentif à son prolit, que j’y pourrais demeurer toute mavie, sans être jamais vu de personne. Je vas me promener tous les joursparmi la confusion d’un grand peuple, avec autant de liberté et de reposque vous pourriez faire dans vos allées; et je n’y considère pas autre-ment les hommes qui me liassent devant les yeux, que je ferais les arbresqui se trouvent dans vos forêts ou les animaux qui y paissent. Le bruitmême de leur tracas îdinterrompt pas plus mes rêveries que ferait celuide quelque ruisseau. Que si jefais quelquefois réflexion sur leurs actions,j’en requis le même plaisir que vous feriez de voir les paysans qui cul-tivent vos campagnes, considérant que tout leur travail sert à embellirle lieu de ma demeure et faire en sorte que je n’y manque d’aucunechose. »

Malgré tous les avantages du séjour d’Amsterdam , et leprofit tout négatif, mais estimable pour lui, que notre philo-

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T. IV.