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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SIiPTIÈMIï SIECLE

phénomène clos quatre faux soleils, dont l'un avait une longue queue à lamanière des comètes, et qui étaient accompagnés dun grand cercle blanc,et de deux iris ou arcs-en-ciel de diverses couleurs. Il sen acquittad'une manière plus courte et plus nette, mais, au jugement du public,plus exacte que navaient fait les astronomes romains et français quil'avaient prévenu. Il fit voir pourquoi, de ces quatre faux soleils, les deuxqui étaient plus près du vrai soleil étaient colorés dans leurs bords, moinsronds et moins brillants que le vrai soleil; d il prouvait quils étaientformés par réfraction, et pourquoi les deux qui étaient plus éloignésétaient plus ronds, mais moins brillants que les deux autres, et toutblancs, sans mélange daucune autre couleur dans leurs bords, ce quimontrait quils étaient causés par réflexion. Il explique comment celui deces soleils que lon voyait vers le couchant avait la figure changeante etincertaine, et jetait hors de soi une grosse queue de feu, qui paraissaittantôt plus longue, tantôt plus courte. Il noublia point la nature desdeux couronnes qui avaient paru autour du vrai soleil, peintes des mêmescouleurs que larc-en-ciel, et il fit voir pourquoi lintérieure était beau-coup plus vive et plus apparente que lextérieure; pourquoi il nen paraîtpas toujours de telles lorsquon voit plusieurs soleils, et pourquoi le soleilnest pas toujours exactement le centre des couronnes, qui peuvent enavoir divers autres, quoiquelles soient l'une autour de lautre. »

On peut rapprocher de cette explication une observationque Descartes fit, quelques temps après, en venant la Frise,et dont il rendit compte dans une lettre adressée à son amiHooghelande. Traversant de nuit le Zuvderzée, pour se rendreà Amsterdam , il sétait tenu longtemps la tète appuyée sur lamain droite, lœil droit fermé, tandis que lœil gauche restaitouvert. Le temps était assez obscur, on apporta une chandelledans la chambre ou la cabine quil occupait; ouvrant tout àcoup les yeux, il aperçut, autour de cette chandelle, deux cou-ronnes parfaitement formées. La plus grande était bordée dedeux cercles, celui du dedans bleu, celui du dehors rougecoloré. Les autres couleurs de larc-en-ciel étaient suffisammentmarquées entre ces deux cercles, elles noccupaient dail-leurs que fort peu despace. Lintervalle entre les deux cou-ronnes était aussi noir et même plus noir que lair dalentour.La petite couronne nétait quun cercle fort rouge commelautre, mais plus foncé en dehors quen dedans. Tout lespaceentre ce petit cercle rouge, et la flamme de la chandelle, étaitdun blanc éclatant. Pendant près de trois heures que Des­ cartes veilla, ce phénomène resta le même.

« 11 apprit de cette observation, dit Baillât, que les couionnes qui seforment autour des chandelles sont disposées tout au contraire de celles