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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCARTES

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qui paraissent autour îles astres, savoir : le rouge en dehors, et quellesne se forment point dans lair, mais seulement de la disposition de nosyeux. Car fermant l'œil droit, il ne les voyait pas du tout; fermant legauche, il ne les en voyait pas moins, et mettant seulement le doigt entreson œil et la flamme de la chandelle, elles disparaissaient. »

Puisque nous en sommes aux observations par lesquellesDescartes préludait à la composition de son beau Traité desMétéores, ajoutons encore ici aux précédentes, daprès un ma-nuscrit de ses œuvres inédites, celle quil fit sur la forme cris-talline de la grêle et de la neige, la première à la fin de 1634.la seconde au commencement de 1635.

« Jai vu aujourd'hui, au mois de décembre, de la grêle terminée enpointe comme une toupie, de telle sorte quelle paraissait être le huitièmedun globe. Le soleil sétait déjà montré aujourdhui, le vent du nordsouillait, lair était tiède et le vent glacé. Il nen est pas beaucoup tombé.De toutes ces circonstances réunies, il semble permis de conjecturer quele vent du nord est tombé sur des gouttes deau formées des restes de lapluie dhier et condensées par la chaleur du soleil, et quil les a geléestout autour, mais en telle façon, que les parties les plus chaudes ont re-flué vers le centre; ses gouttes deau, en se gelant, étaient jetées versla terre et divisées par lagitation ; mais cette division ne pouvait se faireplus aisément quen deux parties, et celles-ci de nouveau en deuxautres (1). Arrivée à huit, comme ces grains approchent tout à la fois dela forme ronde, la division ne peut se poursuivre plus loin. Ce qui prouveque, dans les gouttes deau qui se gèlent ainsi, les parties les pluschaudes se sont ramassées vers le centre (comme on la dit plus haut) ;car, dans mes précédentes observations, jai vu des grêlons tout à faitronds., mais dont le centre était plus blanc et les extrémités plus trans-parentes ou plus denses ; je soupçonne que cela est arrivé, parce que lesgouttes deau étaient plus petites et le vent plus froid, et qualors elles sefendaient. La grêle qui tombe en été est dune entière transparence, parcele vent est plus subtil ; la cause qui la rend tout à fait plate, cest, si je neme trompe, que le vent qui l'abat la gèle, et cela très-vite, d il résulteque les parties quil rencontre dabord durcissent les premières et quilne sobserve aucune inégalité. Il faut remarquer aussi que les grains decette grêle pointue ne sont pas égaux entre eux, comme sont les étoilesde neige; la raison en est claire : les étoiles de neige se font dans le con-tinu {in continua), et cest pourquoi toutes doivent être égales; mais lesgrains de cette grêle sont formés dune seule goutte partagée en huitparties, qui doivent bien être égales entre elles, mais une autre goutteplus grande en formera huit autres également plus grandes. »

Voici lautre observation, qui est relative aux formes cris-tallines de leau congelée. Descartes la placée lui-même à ladate du 6 février 1635 :

« Par un vent du nord, avec neige et verglas la veille. Les grains de