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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCARTES 213

fut adoucie, dans la mesure de ce que nous avons raconté endonnant la biographie de cet homme illustre.

Quoiqu'il y eût alors à Rome et dans toute l’Italie un grandnombre de savants étrangers, ce ne fut que six moix après quela nouvelle de la condamnation de Galilée parvint en France et en Hollande. Elle jeta la consternation parmi les philo-sophes, môme les plus catholiques, et Descartes n’en fut pas lemoins ému. Il trouva là une nouvelle et puissante raison d’a-journer la publication de son Monde. Il se hâta d’écrire auP. Mersenne, une longue épître, dont nous ne citerons quecet extrait :

« Toutes les choses que j’expliquais clans mon traité (parmi lesquellesse trouve aussi cette opinion du mouvement de la terre, condamnéecomme hérétique dans le livre de Galilée ) dépendent tellement les unesdes autres, que c’est assez pour moi de savoir seulement qu’il y en aitune qui soit fausse, pour me faire connaître que toutes les raisons dontje me servais n’ont point do force. Quoique je les eusse appuyées sur desdémonstrations très-certaines et très-évidentes, je ne voudrais toutefois,pour rien au monde, les soutenir contre l’autorité de l’Église. Je saisqu’onpourrait me dire que tout ce que les inquisiteurs de Rome ontdécidé n’est point incontinent un article de foi pour cela, et qu’il fautpremièrement que le concile y ait passé. Mais je ne suis point si amou-reux de mes pensées que de vouloir me servir de telles exceptions, pouravoir le moyen de les maintenir. Le désir que j’ai de vivre en repos etde continuer la vie cachée que j’ai commencée, fait que je suis plus con-tent de me voir délivré de la crainte que j’avais d’acquérir plus de con-naissances que je ne désire par le moyen de mon écrit, que je ne suisfâché d’avoir perdu le temps et la peine que j’ai employés à le composer.Je n'ai jamais eu l’humeur portée à faire des livres. »

Descartes ne veut pourtant pas ôter au P. Mersenne touteespérance d’avoir un jour le Traité in Monde, mais il demandeencore un an pour le revoir et le polir, et rappelant le motd’Horace, novum que previatur in annum « il n’y a encore quetrois ans, ajoute-t-il que j’ai commencé ce traité. »

En fait, il supprimait le Traité du Monde, du moins commeœuvre spéciale et distincte. Il eût mieux fait de l’anéantir com-plètement que d’en conserver d’importantes parties, notam-ment celle qui lui faisait craindre les censures du Saint-Office,pour l’introduire dans un autre de ses ouvrages, non sans yavoir fait des modifications peu scientifiques, pour éluder touteaccusation d’hérésie. Le P. Mersenne, on lui doit cette justice,