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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

acquis un grand crédit parmi la populace, de ce que déclamant tantôtcontre la religion romaine, tantôt contre les autres qui sont différents de- sienne, et tantôt invectivant contre les puissances du siècle, il faitéclater un zèle ardent et libre pour la religion, entremêlant aussi quel-quefois dans ses discours des paroles de raillerie qui gagnent loreille dumenu peuple; et de ce que mettant tous les jours en lumière plusieurspetits livrets, mais qui ne méritent pas dêtre lus, et que citant diversauteurs, mais qui sont plus souvent contre lui que pour lui, et que peut-être il ne connaît que par les tables; et enfin que parlant trôs-liardiment,mais aussi très-impertinemment de toutes les sciences, comme sil yétait fort savant, il passe pour docte devant les ignorants. Mais les per-sonnes qui ont un peu d'esprit, et qui savent combien il sest toujoursmontré importuna faire querelle à tout le monde, et combien de fois dansla dispute il a apporté des injures au lieu de raisons, et sest honteuse-ment retiré après avoir été vaincu. Sils sont dune religion différente dela sienne, ils se moquent ouvertement de lui et le méprisent, et quelques-uns lont déjà publiquement maltraité quil semble quil ne reste plusrien désormais à écrire contre lui, et sils sont dune mémo religion, en-core quils lexcusent et le supportent autant quils peuvent, ils ne l'ap-prouvent pas toutefois en eux-mêmes. »

Voëtius , orateur, ministre luthérien, professeur de théo-logie, et bientôt recteur de ÈUniversité d'Utrecht , était depuisquelque temps importuné de la renommée de Descartes . Ilavait toutefois, dans les premiers temps, assez bien accueilliRegius. Mais le succès éclatant du professeur cartésien, et lenombre toujours croissant de ses écoliers, ayant donné quelquejalousie à plusieurs de ses collègues, ceux-ci neurent pas depeine à lexciter contre lui, dautant plus quil visait à at-teindre Descartes lui-même dans la personne de son disciple.

A cette époque, et principalement en Hollande, les libellesentre gens de lUniversité prenaient la forme de thèses. Ce futpar des thèses contre les athées que Voëtius commença leshostilités, au mois de juin 1639. Il ne nommait personne, maiscomme il mêlait parmi les doctrines sentant lathéisme plusdune proposition enseignée par Regius, et qui, naturellement,devait être mise à la charge de Descartes , il était impossiblede sy tromper. Peu de jours après, Régius intervint, sans né-cessité, dans une autre thèse que les péripatéticiens faisaientdébattre, par manière dexercice, entre deux de leurs élèves.Se levant au milieu de lassemblée, il prit la parole pour faireadjuger la victoire à celui des disputants qui soutenait les prin-cipes de la philosophie nouvelle. Cette incartade, contraire àtous les usages de lUniversité, en lui faisant de nouveaux en-