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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCARTES 231

nemis parmi ses collègues, venait de fortifier encore le parti deVoëtius .

Celui-ci, à partir de ce moment, ne songea plus quà prendreses mesures pour perdre Descartes dans lesprit des personnagesde la ville qui lhonoraient le plus, et à le faire proscrire,comme ennemi de la religion en général et des églises protes-tantes en particulier. En 1640, Voëtius fit soutenir de nouvellesthèses, il reproduisit contre lui les mêmes accusationsdathéisme. Calomniant, calomniant toujours, il voulait monterles têtes du menu peuple, et par lirritation de la multitude,peser sur la conscience des magistrats et des grands, générale-ment favorables à son adversaire. En même temps, il se mit àrechercher, avec empressement, dans les leçons et les écrits deRpgius, tout ce qui pouvait donner matière à lui susciter unprocès.

Regius occupait deux chaires dans luniversité dUtrechl,une de médecine et une de philosophie. Chose bizarre, ce futle médecin que Voëtius entreprit dabord.

Regius devait développer, le 10 juin 1640, une thèse sur lacirculation du sang, pour démontrer le phénomène naturel quipassait pour une hérésie parmi les péripatétieiens. LUniver-sité voulut mettre obstacle à lenseignement public de cettenouveauté. Regius éluda cette prohibition, en faisant imprimersa thèse. Cétait un attentat contre lautorité de lUniversité, àqui appartenait le droit dordonner limpression des thèses ouleur suppression. Le magistrat auquel on porta plainte, pro-nonça quon devait passer sur le fait accompli, sans que celadût tirer à conséquence pour l'avenir.

Regius ne comprit pas combien il était grave pour la causedes cartésiens, davoir déjà fourni une occasion à la magistraturede se mêler de leurs affaires, et de donner raison, en droit, àleurs antagonistes. Il se mit à composer de nouvelles thèses, etcomme sil eût craint de navoir pas encore assez compromisDescartes , il eut la précaution de les lui faire corriger. Cesthèses rentraient, dailleurs, hardiment dans celle qui venaitdêtre repoussée par lUniversité, puisquelles portaient sur lemouvement du cœur, des artères et du sang. Descartes , vive-ment sollicité par Regius, dhonorer la discussion de sa pré-sence, voulut bien encore assister à cette dispute, mais secrè-