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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCARTES

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« Après la naissance de Francine, il reste encore quelques mois àDe-venter. Dès quIIélône peut voyager avec lenfant, il se rend à Leuwar-den, dans cetle province de Frise, quil a déjà trouvée si favorable à sestravaux et à ses méditations (1). »

Cest cet enfant que Descartes perdit en 1640. Il sen étaitdéclaré le père publiquement, et il aimait beaucoup cette enfantdu mystère. Il a écrit quelque part que sa mort lui avait causéla plus vive douleur quil eût éprouvée de sa vie.

Vers le même temps, Descartes perdit encore son père, quiétait devenu, depuis dix-sept ans, le doyen du parlement deBretagne. Il y avait douze jours quil nexistait plus lorsqueDescartes lui écrivait une lettre pleine de tendresse, pour luiexpliquer les raisons qui lavaient empêché daller cette annéeen France , comme il le lui avait promis. Le bon vieillard étaitenterré depuis un mois, lorsque cette lettre arriva en Bretagne .Cela fît souvenir ses autres enfants quils avaient encore unfrère. Laîné voulut bien alors, par bienséance, écrire à René Descartes , pour lui annoncer la mort de leur père.

Louvrage auquel Descartes travaillait depuis son retour enHollande (.Méditations métaphysiques), parut enfin eu 1641.Cétait, de tous ses écrits, celui quil estimait le plus. Ce quony trouve de vraiment remarquable cest sa démonstrationde lexistence de Dieu par lidée même que nous en avons.Cest une suite de son axiome : Je pense, donc je stiis. Appli-quant cette première vérité aux idées quil trouve en lui-même,il remarque quil doute, quil est incertain, d il conclut quilest imparfait. Il considère quil serait mieux de savoir sansdouter, de nètre plus incertain, en un mot dêtre parfait. Cetteidée dun être parfait doit avoir une réalité. Autrement d seserait-elle introduite dans son esprit? Il en conclut donc quily a un être souverainement parfait, quil appelle Dieu , de quiseul il a pu recevoir une telle idée.

Cette existence dun être parfait, une fois admise, il en tireimmédiatement lexistence des corps. A la vérité il ne les per-çoit quà laide de ses sens, qui pourraient bien le tromper.Mais, se dit-il, Dieu doit être vrai; autrement il manqueraitquelque chose à ses perfections, et puisquil est vrai, il répugne

(1) Histoire de Descartes avant 1637, in-8°. Paris , 1867, pages 339-340.