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« Après la naissance de Francine, il reste encore quelques mois àDe-venter. Dès qu’IIélône peut voyager avec l’enfant, il se rend à Leuwar-den, dans cetle province de Frise, qu’il a déjà trouvée si favorable à sestravaux et à ses méditations (1). »
C’est cet enfant que Descartes perdit en 1640. Il s’en étaitdéclaré le père publiquement, et il aimait beaucoup cette enfantdu mystère. Il a écrit quelque part que sa mort lui avait causéla plus vive douleur qu’il eût éprouvée de sa vie.
Vers le même temps, Descartes perdit encore son père, quiétait devenu, depuis dix-sept ans, le doyen du parlement deBretagne. Il y avait douze jours qu’il n’existait plus lorsqueDescartes lui écrivait une lettre pleine de tendresse, pour luiexpliquer les raisons qui l’avaient empêché d’aller cette annéeen France , comme il le lui avait promis. Le bon vieillard étaitenterré depuis un mois, lorsque cette lettre arriva en Bretagne .Cela fît souvenir ses autres enfants qu’ils avaient encore unfrère. L’aîné voulut bien alors, par bienséance, écrire à René Descartes , pour lui annoncer la mort de leur père.
L’ouvrage auquel Descartes travaillait depuis son retour enHollande (.Méditations métaphysiques), parut enfin eu 1641.C’était, de tous ses écrits, celui qu’il estimait le plus. Ce qu’ony trouve de vraiment remarquable c’est sa démonstrationde l’existence de Dieu par l’idée même que nous en avons.C’est une suite de son axiome : Je pense, donc je stiis. Appli-quant cette première vérité aux idées qu’il trouve en lui-même,il remarque qu’il doute, qu’il est incertain, d’où il conclut qu’ilest imparfait. Il considère qu’il serait mieux de savoir sansdouter, de n’ètre plus incertain, en un mot d’être parfait. Cetteidée d’un être parfait doit avoir une réalité. Autrement d’où seserait-elle introduite dans son esprit? Il en conclut donc qu’ily a un être souverainement parfait, qu’il appelle Dieu , de quiseul il a pu recevoir une telle idée.
Cette existence d’un être parfait, une fois admise, il en tireimmédiatement l’existence des corps. A la vérité il ne les per-çoit qu’à l’aide de ses sens, qui pourraient bien le tromper.Mais, se dit-il, Dieu doit être vrai; autrement il manqueraitquelque chose à ses perfections, et puisqu’il est vrai, il répugne