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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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DESCARTES

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Ne perdons pas de vue Yoëtius. Il venait d'être nommé rec-teur de lUniversité dUtrecht , et avec toute la puissance quelui donnait ce nouveau titre, il sefforcait de soulever de plus enplus contre Descartes , l'Université et le public. Regius commen-çant à craindre pour sa position, tâcha de se rendre un peu plussouple quil ne lavait été jusqualors. Il alla, comme les autresprofesseurs, complimenter Yoëtius ; et cherchant tous lesmoyens de le gagner, ou de prévenir les effets de sa malveil-lance, il voulut bien lui soumettre ses nouvelles thèses. Voëtius ,qui était sensible à la flatterie, fut retenu quelque temps par cesmarques de déférence ; mais la renommée de Descartes l'impor-tunant toujours, il ne tarda pas à jeter le masque, et Regius,dont les soumissions navaient été que feintes, rentra dans soncaractère. Dès ce jour, la guerre entre les deux philosophes futpubliquement déclarée de part et dautre.

Descartes , qui tenait à vivre exempt de trouble, essaya dar-rêter Regius. Il crut devoir lui écrire, pour lui faire une douceremontrance sur sa conduite. Il lui rappela une prudence, ouune politique, quil avait toujours conseillée à ses disciples, etdont, pour sa part, il ne sétait jamais départi. Elle consistaità ne point proposer dopinions nouvelles comme nouvelles, maisà se contenter de les produire sous le nom et lapparence desanciennes.

« Quétait-il nécessaire, lui dit-il, que vous allassiez rejeter si publi-quement les formes substantielles et les qualités réelles? Ne vous souvenez-vous pas que javais déclaré en termes exprès dans mon traité desMétéores, que je ne les rejetais pas, et que je ne prétendais pas les nier;mais seulement quelles ne métaient pas nécessaires pour expliquer mapensée, et que je pouvais sans elles faire comprendre mes raisons. Si vousen eussiez usé de même, aucun de vos auditeurs ne se serait révolté, etvous ne vous seriez pas fait d'adversaires. Mais sans samuser à condam-ner inutilement le passé, il faut aviser aux moyens de faire un bon usagede l'avenir. Il ne s'agit plus que de défendre avec la plus grande modestiequil vous sera possible, ce quil y a de vrai dans ce que vous avez pro-posé, et de corriger sans entêtement ce qui ne paraît point vrai ou qui estmal exprimé; étant persuadé quil nest rien de plus louable ni de plusdigne dun philosophe que le sincère aveu de ses fautes. »

Nous préférons les témérités impétueuses de Regius à la sa-gesse excessive de Descartes . On retrouve ici lhomme qui acherché à ruser avec le Saint-Office, et dont, la pusillanimité a