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du moyen âge, contre lesquels il avait, rompu tant de lances.
I)u reste, il ne faudrait pas apprécier toute la physique deDescartes d’après le livre des Principes , où il a eu la malheu-reuse prétention de vouloir systématiser cette science. lia faiten physique des observations très-vraies et des découvertesd’une grande importance. Sa dioptrique et sa météorologie ap-partiennent à la physique. Cherchant à expliquer la nature dela lumière, il a trouvé la théorie des ondulations , que Newton fit abandonner pour celle de l’émission, mais à laquelle les phy-siciens reviennent aujourd’hui d’un accord unanime, d’aprèsles travaux d’Young, de Fresnel, de Foucault, etc. Bien qu’iladmît que la lumière des astres nous arrive instantanément(Ramier n’avait pas encore démontré le contraire), il avaitnéanmoins énoncé le premier cette vérité, par laquelle il réfutaitsa propre opinion, qu’un astre, au moment où sa lumière nousparvient, n’est déjà plus à la place où nous le voyons. Delam-bre, qui n’est guère favorable à Descartes , est forcé de con-venir que la ligne dans laquelle il a jeté cette idée, en passant,aurait pu conduire Ramier à sa belle découverte de la vitesse dela lumière.
Quant à la question du vide et du plein, si controversée depuisl’apparition du livre des Principes, la physique moderne estcartésienne sous ce rapport, car elle admet au-dessus de notreatmosphère, un fluide extrêmement raréfié, qu’elle appelle éther,et qui n’est pas sans affinité avec la matière subtile de Descartes .
Le Traité de l'homme et de la formation du fœtus est unouvrage posthume, qui ne fut publié que quatorze ans après lamort de Descartes , par Clerselier . C’est là que Descartes exposesa fameuse théorie des Esprits vitaux, dont on s’est tantmoqué, non sans raison. Les Règles pour la direction de l'espritsont une autre œuvre posthume de Descartes , qui fut publiéepour la première fois en latin en 1701, et qui n’a été traduite enfrançais que dans notre siècle.
Cependant les deux principaux disciples de Descartes , enHollande, l’un, Reneri, était mort, l’autre, Regius, l’avaitabandonné, et s’était même montré envers lui d’une ingratitudenoire. Ses procédés en vinrent jusqu’à l’insulte. *• Peut-être,dit Baillet, Maxime le Cynique n’avait-il jamais traité sonmaître Grégoire de Nazianze avec plus d’insolence. »