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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

Descartes trouvait une consolation à cette douleur dans lesrespects, la docilité et lamitié constante dune jeune princessequi avait refusé un trône pour se vouer en paix au culte de laphilosophie nouvelle. Descartes avait été son maître et lavaitaccoutumée, par ses leçons et ses entretiens, à méditer sur lesmystères de la nature. Il crut, en souvenir de ses leçons, devoirlui dédier son livre des Principes, en déclarant quelle seuleétait parvenue à une intelligence complète de tout ce quil avaitécrit, et quil ny avait quun homme dans le monde, le méde-cin Regius, et une femme, la princesse Elisabeth, qui enten-dissent bien sa philosophie. Par lingratitude de Regius, ilne pouvait plus maintenant nommer que la princesse.

Ce nétait pas, dailleurs, une flatterie de courtisan. Eli-sabeth nétait pas précisément heureuse alors, et devait bientôtlêtre encore moins. Mais ce quelle trouva de plus cruel dansson malheur, ce fut dêtre séparée de son cher maître.

Fille aînée du prince palatin, Frédéric V , qui avait été pen-dant quelques mois, roi de Bohême. Elisabeth était venue toutenfant, avec sa mère, en Hollande, après le désastre qui avaitfait perdre à son père tous ses États. elle avait grandi à côtéde trois jeunes sœurs. Elle demeura en Hollande, au sein de safamille, jusquà la mort tragique dun gentilhomme français ,quune rivalité damour avec un prince avait forcé de sexiler.M. dEpinay 'cétait le nom de ce gentilhomme) possédait assezdavantages pour exciter des jalousies dans tous les pays. Ileut si bien le don de plaire aux dames, quil fut assassiné en pleinjour, à La Haye , sur la place du marché aux Herbes, par le princePhilippe, dernier de toute la famille palatine. On répanditdans le public lidée que ce crime était le résultat dun complotauquel la princesse Élisabeth nétait pas tout à fait étrangère. Samère, dit Baillet, en conçut tant dhorreur que, sans examiner lefond de laffaire, elle chassa de chez elle sa fille avec son fils,et ne voulut jamais les revoir de sa vie.

Le prince Philippe se retira à Bruxelles , et sétant attachéau service de lEspagne , il fut tué à la bataille de Rhétel, à latète dun régiment de cavalerie. Quant à sa sœur, la princesseÉlisabeth, elle se retira à Grossen, auprès de sa parente,lélectrice douairière de Brandebourg. Elle y demeura un tempsassez considérable, ne soccupant que de philosophie.