HARVEY
V.89
donne à la main appliquée sur la poitrine, la sensation d’uncorps dur.
Harvey démontre ensuite que le phénomène du pouls desartères est du à la dilatation de ces vaisseaux, par l’effet del’impulsion du sang, lancé par la contraction du ventriculegauche du cœur, et que le pouls suit le rhythme des contrac-tions cardiaques. On a, dit-il, la preuve de cette concordance,lorsque l’on ouvre une artère, car l’on voit le jet de sang seproduire en même temps que chaque contraction du cœur.
Il prouve aussi que dans la contraction du cœur, ce sont lesoreillettes qui se contractent les premières. Les oreillettes en-voient dans le ventricule correspondant le sang qui les remplit,et le ventricule, à son tour, distribue ce sang dans les vais-seaux.
« J'ni la confiance, écrit Ilarvey, d’avoir trouvé que le mouvement ducœur si' fait de cette manière : d’abord l'oreillette se contracte, et danssa contraction elle lance le sang dont elle abonde, comme étant la tète etla citerne du sang. Le ventricule étant rempli, le coeur en s’élevant tendaussitôt tous les muscles, contracte les ventricules et produit le pouls,par lequel le sang, continuellement envoyé de l'oreillette, est poussédans les artères; le ventricule droit le pousse vers les poumons, par cevaisseau, qui est appelé veine arlérieuse, mais qui réellement par sastructure et tout son office , est une artère; le ventricule gauche poussele sang dans l’aorte, et de là, par les artères, dans tout le corps. »
Harvey fait remarquer que lorsqu’on lie une veine et qu’onl’ouvre au-dessous de la ligature, on voit s’échapper un flotde sang. Si, au contraire, on ouvre la veine au-dessus du pointoblitéré, on la trouve vide de sang.
Harvey déclare que la fonction des valvules des veines n’estpas, comme l’avait dit Fabrice d’Aquapendente, d’empêcherl’arrivée d’une trop grande quantité de sang, qui pourrait dis-tendre le vaisseau, mais d’empêcher le retour du sang vers lesparties qu’il a abandonnées. Il déclare que le cœur n’est pas unorgane d’aspiration, mais un organe de propulsion, un musclecreux, qui, en se contractant, envoie sans cesse, et avec unetrès-grande rapidité, le sang dans les artères, lequel revientensuite au cœur par les veines. Reproduisant la belle imaged’Aristote , il compare le sang à l’eau qui circule éternellemententre le ciel et la terre.
T. IV.
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