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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

« L'eau, dit Harvey, tombe sous la forme do pluie, pour féconder laterre, puis les rayons du soleil la ramènent dans latmosphère sousforme de vapeur; elle sy condense, et elle retombe de nouveau. De mêmele sang, chassé par le cœur dans les artères, porte partout la chaleur etla vie; puis vicié et refroidi, il retourne vers le cœur, qui le renvoie denouveau vers les organes d il était venu. »

En voulant substituer une vérité nouvelle à une erreur con-sacrée par les siècles, Harvey devait sattendre à soulever biendes orages. Du reste, il ne sétait fait à cet égard aucune illu-sion : « Ce que je vais annoncer, disait-il, est si nouveau queje crains davoir tous les hommes pour ennemis, tant les pré-jugés et les doctrines, une fois acceptés, sont enracinés chez toutle monde. »

La résistance fut opiniâtre ; la mauvaise foi se glissa dansles discussions, et la personne de lauteur ne fut pas toujoursépargnée.

Le premier adversaire que Harvey rencontra nétait pas très-redoutable. Cétait un jeune médecin du Yorkshire , nomméPrimerose, français dorigine, et qui avait fait ses études à laFaculté de Montpellier. Son libelle lui fît peu dhonneur. Touteson argumentation reposait sur lexistence du trou interventri-culaire. Tous les travaux de Servet, de Colombo et de Césalpin ,sur la petite circulation, paraissaient non avenus pour le jeunecritique, ou étaient ignorés de lui. Il assurait que si Ton netrouve pas cet orifice après la mort, cest quon ne peut juger,par létat des organes sur le cadavre, de leur position pen-dant la vie. « Du reste, ajoute Primerose, à quoi bon cettedécouverte de la circulation du sang? Les anciens médecinslignoraient, et cela ne les empêchait pas de guérir leurs ma-lades. » Cet argument, qui est la négation du progrès, nestque trop souvent encore mis en avant de nos jours.

On ne pouvait, du reste, attendre mieux dun auteur qui an-nonce, dans sa préface, que son livre lui a coûté quinze longsjours de travail. Ce bon Primerose se faisait gloire davoir em-ployé quinze jours à réfuter des opinions qui étaient le fruit dequatorze années dexpériences et détudes !

Le second adversaire, qui nétait pas plus redoutable que lepremier, fut un médecin de Padoue , Parisiani, élève de FabricedAquapendente. A lignorance de Primerose Parisiani ajou-