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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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TOURNEFORT

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apprendre de lui à connaître les nombreuses plantes de cetterégion de lEspagne . Parmi ses compagnons de voyage se trou-vait Magnol (1), qui devait plus tard professer à Montpellier labotanique non sans éclat, et avec lequel Tournefort sétait liédamitié, pendant son séjour à Montpellier . Tournefort restajusquà la fin du mois daoût dans les montagnes de la Catalogne .

Les Pyrénées le tentaient singulièrement. Aussi, malgré lesreprésentations de ses amis, qui lui signalaient les dangers aux-quels il allait sexposer, il partit seul, avec un léger bagage etquelque argent, pour parcourir toute la chainede ces montagnes.

Les dangers quon lui avait annoncés, ne tardèrent pas à seproduire. A peine avait-il escaladé quelques cimes pyrénéennes,quil fut surpris par des Miquelets (soldats espagnols ). Il futentièrement dépouillé, et laissé presque entièrement nu. Con-damné aune mort certaine, car le froid était très-vif, Tournefortsupplia les Miquelets de lui laisser au moins de quoi se cou-vrir. Les bandits se laissèrent attendrir, et lui rendirent sonjustaucorps, après en avoir, toutefois, visité avec soin lespoches. Heureusement, une des poches était percée, et avaitlaissé couler dans la doublure un mouchoir, dans lequel étaientnouées quelques pièces de monnaie. Notre jeune voyageurretrouva, avec un bonheur facile à comprendre, les épaves mi-raculeusement échappées à ses voleurs.

Tournefort, reprenant courage, continua sa route, se conso-lant par létude de la perte de son argent. Seulement il cherchaà se mettre à labri d'une autre mauvaise rencontre, et cachadans un morceau de pain noir et très-dur les quelques réauxquil avait sauvés du pillage. Cette ruse lui réussit. Il fut denouveau plusieurs fois arrêté par des Miquelets ; mais commeon ne trouvait sur lui quun morceau de pain noir, on le laissaitpasser avec mépris.

Ce ne fut pas seulement contre les hommes quil eut à lutterdans ce périlleux voyage à travers ces montagnes solitaires etsauvages. Ce nétait partout que précipices à éviter, rochersabruptes à escalader. Son ardeur pour la science le soutenaitdevant tant de périls, et lui faisait môme trouver agréable cettevie de privations et de fatigues.

(1) Lettre à Monsieur Bégon t par Lauthier tils.