HUYGENS
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se rendit, l’année suivante, en Angleterre. Il y démontra sonprocédé pour le travail des grands objectifs. A cette époque,ses télescopes étaient les meilleurs que l’on possédât, bien queleur longueur n’excédât pas huit mètres.
La machine pneumatique était alors, en physique, la nouvelleinvention dont les Anglais s’occupaient le plus. Huygens, deretour en Hollande, se livra à des expériences variées pour per-fectionner cette machine.
Pendant la même année, il découvrit les lois du choc descorps élastiques. Ces lois furent découvertes en même temps,en Angleterre, par deux savants illustres, Wallis et Wren.
C’était Descartes qui, dans les temps modernes, avait faitles premiers efforts pour déterminer les lois qui président à lacommunication du mouvement. Ses efforts n’avaient pas étéheureux ; mais c’était déjà beaucoup que d’avoir, pour la pre-mière fois, abordé et discuté cette importante question. LeP. Fabri, qui, après Descartes , s’était proposé de la résoudre,dans son traité De motu, n’avait guère fait, dit Montucla , quesubstituer des erreurs à des erreurs. Borelli, dans son livreDe u’ percnssionis, approcha davantage de la vérité. Il parvintà formuler quelques lois partielles; mais il se trompa sur toutle reste, parce que les notions qu’il avait du mouvement étaientincomplètes ou inexactes. On en était là relativement aux loisdu choc des corps, lorsque la Société royale de Londres invitaceux de ses membres qui s’étaient spécialement occupés demécanique à vouloir bien l’examiner.
« Trois illustres géomètres, Wallis, Wren et Huygens, dit Montucla ,s’en occupèrent avec succès et participèrent à l'honneur de la même dé-couverte. Wallis communiqua le premier son mémoire, ensuite Wren, etpeu de temps après arriva celui d’Huygens. Huygens était alors sur lecontinent, et on lui doit la justice de remarquer qu’il n’avait pu avoirconnaissance de ceux des deux géomètres anglais . On reconnaît mêmequ’il n’eût tenu qu'à lui de prévenir ses deux concurrents, et qu’ils nepartagèrent avec lui l'honneur de cette découverte qu'à cause de sa len-teur à la dévoiler ; car on convient qu’il en était en possession dès letemps de son second voyage à Londres (1). »
Le mémoire d’Huygens n’est pas moins élégant que celui deWren, et dans chacun de ces travaux les lois du choc sont
(1) Histoire des mathématiques , partie IV e , liv. VII e .