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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
laquelle le diamètre apparent du soleil se trouvait ramené à lagrandeur de celui de l’étoile Sirius . Il trouva ainsi qu’en sup-posant la grosseur de Sirius égale à celle du soleil, cette étoile,la plus brillante de toutes, doit être vingt- sept mille six centsoixante (quatre fois plus éloignée de nous que le soleil.
En 1G89, Huj'gens fit un troisième voyage en Angleterre. Ilvoulait connaître Newton , l’auteur des fameux Principes ma-thématiques de la philosophie 'naturelle, qui avaient été publiésdepuis peu de temps.
A son retour d’Angleterre, il publia son Traité sur la lumière,où se trouve expliquée mathématiquement la double réfractiondu cristal d’Islande , et son Discours sur la cause de la pesan-teur, qui renferme ses curieuses recherches sur la ligure etl’aplatissement de la terre, ainsi que plusieurs théorèmes surles propriétés de la courbe logarithmique. Les matières conte-nues dans ces deux traités avaient été sans doute le principalobjet des entretiens qu’il avait eus avec Newton .
Iluygens, dans ses travaux mathématiques, s’était contentéde faire usage des méthodes analytiques des anciens, et il n’a-vait eu aucun motif de lqs trouver insuffisantes, puisqu’elles luiavaient fourni toutes les solutions qu’il leur avait demandées.Mais Newton , ayant à parcourir dans le domaine de la sciencedes espaces plus vastes, s’était trouvé en face de problèmesdont la solution lui semblait ou trop difficile ou même impos-sible à obtenir par les moyens connus, et c’est là ce qui l’avaitconduit à chercher et à trouver une nouvelle méthode d’analysemathématique, c’est-à-dire la méthode de calculàit des fluxions,pendant que Leibnitz trouvait, de son côté, la méthode des in-finiment petits.
Jacques Bernouilli, déjà célèbre par différents ouvrages degéométrie, de physique et de mécanique, fut à peine initié à laméthode de Leibnitz , que ses progrès dans la nouvelle analysemathématique furent extrêmement rapides. En 1690, il pro-posa aux géomèti’es un problème dont antérieurement Galilée avait en vain cherché la solution : c’était celui de la chaînette.On nomme ainsi la courbe que forme un fil pesant, flexible etinextensible, lorsqu’il est attaché par ses extrémités à deuxpoints fixes. Ce problème fut résolu par Huygens , Leibnitz etJean Bernouilli. Ce dernier était le frère de Jacques Bernouilli,