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et en outre son élève. Huygens , (loué d’une très-grande forcede tête, n’avait fait usage que de la méthode des anciens, pourrésoudre le problème de la chaînette. Il lui répugnait encored’employer le calcul différentiel; cependant, lorsqu’il consi-dérait les résultats obtenus par ses concurrents, cette répu-gnance commençait à s’ébranler. Il correspondait avec Leib nitz . il lui faisait des objections, lui proposait ses doutes et leconsultait sur ce qu’il n’entendait pas encore. Il en usait demême avec le marquis de l’Hôpital.
« Tl ne négligeait point, dit Condorcet , d'apprendre les nouvelles mé-thodes, et, dès qu’il les connut bien, il convint de leurs avantages. Ilemploya le calcul différentiel pour un problème qu'il résolut, en 1693 ,dans les Actes de l.eipsig v l). «
Il se voua, dès ce moment, au progrès (le la nouvelle ana-lyse, et s’il eût vécu quelques années encore, il eût certaine-ment laissé, sur cette partie transcendante des mathématiques,des travaux d’un ordre élevé.
Quel que fût le sujet qu’il entreprît de traiter, Iluygens nele quittait pas sans y avoir laissé l’empreinte de son génie. Ri-cher avait observé que le pendule qui bat les secondes, à Paris ,doit être raccourci, pour continuer de les battre à Cayenne ,c’est-à-dire près de l’équateur. Huygens conclut de ce fait quela pesanteur est diminuée à l’équateur par la force centrifuge,et que cette force, qui varie avec la latitude, mettrait obstacleà la tendance perpendiculaire des corps pesants à la surface duglobe, tendance constatée en tous lieux, si la terre n’était unpeu aplatie vers les pôles. Il se trompa, toutefois, sur le degréde cet aplatissement.
Le Discours sur la cause de la pesanteur et le Traite de la .lumière, écrits en français , parurent à Leyde , en 1690. Huygens développe, dans le Traité de la lumière, sa théorie des ondu-lations. Dans la Biographie universelle, de Michaud, Biot ex-pose en ces termes les idées de Huygens sur le système desondulations lumineuses.
« Huygens conçoit, dit Biot , tout l’espace rempli d’un iluide invisible,impondérable, éminemment élastique, qui pénètre l’intérieur de tous les