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avec le plus grand sérieux, des questions qui nous seront tou-jours inaccessibles». iVest-ce pas eu donnant libre carrière àson imagination que Keppler fut conduit, par des rapproche-ments et des analogies, aux plus brillantes découvertes? L’expé-rience, l’observation, le calcul, s’ils ne sont provoqués et diri-gés par une imagination hardie, ne peuvent donner qu’uneconnaissance des détails, connaissance qui est précieuse, sansdoute, mais toujours stérile quand elle ne se joint pas à unelarge vue de l’ensemble.
Huygens se propose de prouver, dans son Cusniolheôi'os, quetoutes les planètes, et même les étoiles, doivent être habitées.Les inductions et les analogies sont, à la vérité, le seul genrede preuves qu'invoque notre astronome ; mais ces preuves sontnombreuses et frappantes. On voit qu’il avait exploré danstoutes les directions les champs de l’univers, et qu'il avaitlongtemps arrêté sa vue et sa pensée sur les mondes innom-brables qui le composent.
« Ceux qui reviennent, nous dit l’auteur du Cnsmollieûros, de voyageslointains, jugent d’ordinaire plus sainement leur pays natal que ceux (piin’ont jamais quitté leurs foyers. Le même aussi celui qui réfléchit à lapluralité des terres semblables à la nôtre, ne regardera pas comme degrandes merveilles ce qui se passe chez les hommes, s
Huygens croit qu’il existe, dans les planètes, des animaux etdes plantes, plus ou moins analogues à ceux que nous voyonssur la terre.
« Il n’est pas, dit-il, raisonnable de penser que des corps célestes,parmi lesquels notre terre occupe un rang si infime, aient été créésuniquement pour que nous, petits hommes, puissions jouir de leur lumièreet contempler leur situation et leurs mouvements. »
Il décrit la lune, ses montagnes, ses plateaux, ses vallées,ses immenses plaines, etc.; mais il ne voit rien dans notresatellite qu’on puisse comparer à nos mers, et ne croit pasà leur existence sur la lune. Quant à l’atmosphère lunaire,s’il en existe une, elle ne ressemble nullement à celle de laterre.
Dans le second livre du Cosmotheôros, Huygens conduit l’es-prit du lecteur dans les diverses régions du ciel. Il s'arrête avec