HUYGEXS
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semble d’habitudes contractées de bonne heure dans un inondeélégant et choisi. Il devait donc être recherché et admiré, à lacour de Versailles . Mais ce n’était pas une raison pour qu'il s’yplût beaucoup lui-même.
Iluygens n’aimait pas à perdre son temps dans des entre-tiens particuliers, oiseux ou frivoles; mais il se rendait volon-tiers accessible aux jeunes savants qui venaient lui demanderdes conseils, et il les initiait à des méthodes et à des pro-cédés d’investigation propres à les diriger dans les voies quipeuvent conduire à de nouvelles découvertes. Leibnitz parle,avec toute l’effusion de la reconnaissance, des services qu’ilreçut de Iluygens. Leibnitz n’avait que vingt-sept ans lorsqu’ilvint à Paris . Présenté à Iluygens et à d’autres membres del’Académie des sciences , il se fit connaître d’eux très-avanta-geusement. Il raconte lui-mêine que dans les entretiens qu’ileut avec Iluygens, un monde nouveau s’ouvrit pour lui, etque, depuis ce temps, il s’était senti un tout autre homme. Cen’est pas un médiocre mérite pour le savant hollandais qued’avoir imprimé cette puissante impulsion à un génie qui devintdans la suite si fécond et si brillant dans plusieurs branchesdes connaissances humaines.
La passion dominante de Iluygens était celle de l’étude et dela méditation. Il avait presque toujours en même temps, sur lemétier, deux ou trois ouvrages d’un genre différent, et il sedélassait l’esprit en passant de l’un à l’autre. L’écrivain destemps modernes le plus célèbre, à juste titre, par son génielittéraire et par l’étonnante fécondité de son esprit, Voltaire ,usait du même moyen pour se reposer et se distraire lorsqu’ilétait fatigué ; et dans notre siècle, Cuvier a suivi le mêmesystème.
Les œuvres deHuygens ont été réunies, en 1724, eu deux vo-lumes in-4°, publiés à Amsterdam , sous ce titre : Ihujeaü opéra,varia. Le tome I er renferme une biographie latine de Iluygens,qui a été notre principal guide pour la composition de cettenotice. Une biographie du même savant a été publiée à Gro-ningue, en 1808, en langue hollandaise, par un professeur dephysique de l’Université d’Utrecht , M. P. Harting.