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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)ü DIX-SEPTIEME SIECLE

La carrière souvrait donc pour le jeune physicien, sous lesplus heureux auspices. Le petit nombre dhommes instruitsqui se trouvaient alors dans la capitale tenaient dans la plusgrande estime sa personne et ses talents, et le Journal des savants , dispensateur de la considération et de la fortune scien-tifiques, laccueillait avec faveur. Cependant, une année après,nous voyons Papin quitter subitement la France pour passeren Angleterre.

Quel motif pouvait le porter à abandonner sa patrie ? Avait-ilencouru la disgrâce de Colbert ? Obéissait-il simplement àcette humeur un peu vagabonde qui le fit appeler par un de sescontemporains 1ephilosophe cosmopolite ? On lignore. Les his-toriens et les auteurs de mémoires de la fin du dix-septièmesiècle, tout entiers au récit des intrigues des cours ou des évé-nements de la guerre, nont pas une ligne à consacrer à cesesprits délite qui employaient tous les moments de leur labo-rieuse existence à préparer à lhumanité des destinées meil-leures, et qui souvent no recevaient, en retour, que la misèreou loubli. Le nom dAmontons , lun des physiciens français lesplus remarquables du dix-septième siècle, est à peine pro-noncé dans les écrits de lépoque, et le génie de Mariotteséteignit au milieu de l'indifférence de son temps. Papin napas attiré davantage lattention des historiens. Cest dans sespropres ouvrages, dans un petit nombre de recueils scienti-fiques, ou dans les lettres éparses de quelques savants dont lacorrespondance sest conservée, quil faut aller puiser les raresdocuments qui nous restent sur les événements de sa vie.

Tous ces documents sont muets sur la cause de son départpour Londres . Le Journal des savants nous apprend seulementque cest à la fin de lannée 1075 quil quitta Paris (1).

Peu de temps après son arrivée en Angleterre, Papin eutlheureuse inspiration de se présenter à Robert Boyle , lillustrefondateur de la Société royale de Londres . Cest ce que nousapprend Bojde lui-même :

« Il arriva heureusement, dit-il, quun certain traité françois, petit devolume, mais très-ingénieux, contenant plusieurs expériences sur la con-servation des fruits, et quelques autres points de ditférentes matières,

1) Journal des savants , du 17 février 1676.