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Papin commence par donner la description de son dhjcsteur.L’appareil se compose de deux cylindres creux rentrant l’undans l’autre : le premier, k parois métalliques très-épaisses,renferme l’eau que l’on doit convertir en vapeurs. Le tout estfermé par un épais couvercle métallique s’adaptant parfaite-ment aux contours du cjdindre, auquel il est fixé par des écroustrès-solides : quand on veut s’en servir, on le place sur unfourneau allumé.
La marmite de Papin n’est donc qu’une sorte de bain-marie,dans lequel seulement la vapeur, renfermée dans un espaceclos, ne peut se dégager au dehors. Après avoir donné là des-cription de sa marmite, Papin ajoute :
« Otte machine est sans doute fort simple et peu sujette à se gâter,mais elle est incommode en ce qu’on ne regarde pas dedans aussi aisé-ment (pie dans le pot ordinaire, et comme elle fait plus ou moins d’elfet,selon (pie l’eau qui y est se trouve plus ou moins pressée, et aussi que lachaleur est plusou moinsgrande, il [louerait arriver quelquefois que voustireriez vos viandes avant qu’elles fussent cuites, et d’autrefois que vousles laisseriez brûler; ainsi il a fallu chercher des moyens pour connaîtreet la quantité de pression qui est dans la machine et le degré de cha-leur.
« Il n’y a qu’à faire un petit tuyau ouvert des deux bouts, et, l’ayantsoudé sur un trou fait au couvercle, il faut appliquer sur l’ouverture d’enhaut de ce tuyau une petite soupape bien exacte et garnie de papier. »
Pour connaître le degré de la pression de la vapeur, Papinfermait cette soupape au moyen d’une petite verge de fer qui,fixée par une de ses extrémités à une charnière, portait, àl’autre bout, un poids mobile à la manière des romaines. Ilavait déterminé la pression nécessaire pour soulever ce poids.
« De sorte, ajoute-t-il, que lorsque la soupape laisse échapper quelquechose, je conclus que la pression dans le bain-marie est environ huit foisplus forte que la pression de l’air, puisqu’elle peut soulever, non-seule-ment le poids qui résiste à six pressions, mais aussi la verge, que j’aiéprouvée, qui résiste à deux, et ainsi, en augmentant ou diminuant lepoids, ou en le changeant de place, je connais toujours à peu près com-bien la pression est forte dans la machine (P. »
Ainsi Papin n’avait imaginé son levier et sa soupape quepour savoir ce qui se passait dans le pot, et pour veiller à
(1 ) La Manière d'amollir les os, p. 10.