SAVANTS I)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
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l'exacte cuisson des viandes. En faisant varier la positionoccupée par le poids sur les bras de la romaine, il reconnais-sait approximativement le degré de pression auquel se trou-vaient soumises les viandes placées dans le bain-marie. A cetteépoque, en effet, il était loin encore de songer à construireune machine fondée sur la force élastique de la vapeur d'eau ;et bien plus, lorsqu’il proposa cette machine, il ne pensa nul-lement à la munir de sa soupape. Dans son célèbre mémoire de1690, où il donne la description de la première machine à va-peur, il n’est rien dit de la soupape de sûreté. L’idée d’appli-quer un tel instrument à prévenir l’explosion de la chaudièred’une t machine à vapeur ne lui vint que vingt-sept ans plustard, en 1707, c’est-à-dire quinze années après la publicationde ce mémoire. C’est le physicien Désaguliers qui transportale premier dans la pratique cette idée de Papin. En 1717,Désaguliers appliqua, en Angleterre, à une machine de Savery ,la soupape du digesteur de Papin, que ce dernier avait pro-posée en 1707 comme un moyen de se mettre à l’abri des explo-sions auxquelles cette machine donnait lieu.
La construction du diyesleur n’a donc exercé aucune in-fluence sur la découverte de la machine à feu; si elle y contri-bua en quelque chose, ce ne fut guère qu’en familiarisant l’in-venteur avec l’usage pratique de la vapeur d’eau.
Depuis la publication de son JYew Di>jester , Papin se trou-vait à Londres dans une position plus avantageuse peut-êtreque celle qu’il avait occupée à Paris . Il appartenait à la Sociétéroyale, la première des Académies de l’Europe . En outre, laprotection de Robert Boyle lui permettait d’espérer beaucoup,car ce savant illustre, successivement honoré de l’estime deCharles II , de Jacques II et de Guillaume, savait user en faveurde ses amis d’un crédit qu’il dédaignait pour lui-même. D’unautre côté, il continuait à entretenir avec son pays de bonnesrelations; on insérait régulièrement dans le Journal des sa vants les communications qu’il lui adressait. Aussi ne peut-onse défendre d’un certain sentiment de dépit contre son humeurvagabonde, lorsqu’on le voit déserter tout à coup le sol hospi-talier qui l’a reçu, et de même qu’il avait abandonné la France pour l’Angleterre, abandonner l’Angleterre pour l’Italie .
Le chevalier Sarrotti, secrétaire du sénat de Venise , venait