Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
353
JPEG-Download
 

PAPIX

353

de fonder dans cette ville, par lordre du sénat, une nouvelleAcadémie, en vue du perfectionnement des sciences et deslettres, <* avec une dépense et une générosité tout à fait extra-ordinaires, » dit Papin (1). Sarrotti offrit au physicien français une position dans cette Société, et Papin accepta, un peu àlétourdie.

Il résulte d .ne lettre de lui, datée d'Anvers le 1 er mars 1GS1,et adressée au docteur Croune, que depuis peu de jours il avaitquitté lAngleterre. Dans cette lettre, il priait son ami deremettre sa machine à la Société royale, à laquelle il offrait enmême temps ses services en quelque lieu quil se trouvât.

La Société royale , qui le vit partir avec regret, tint note dela promesse et inscrivit son nom sur la liste de ses membreshonoraires.

Papin séjourna plus de deux ans à Venise , occupé presquesans relâche à des expériences de physique. Ses travaux luiacquirent une grande réputation en Italie . La seule mention deson opposition aux idées du respectable Guglielmini, sur unequestion dhj'draulique, « faisait peur à ce savant, » et plu-sieurs années après sa mort, un physicien florentin parle de« la célèbre machine, le diyesteur, inventée par Papin, pourexpliquer la cause des volcans et des tremblements de terre,débattue depuis des milliers dannées. »

Cependant Papin finit par sapercevoir quil fallait beaucouprabattre de la « générosité tout à fait extraordinaire » du che-valier Sarrotti. En même temps que sa renommée grandissait,il voyait chaque jour samoindrir ses ressources, et il vint unmoment, désespérant de trouver en Italie la position avan-tageuse sur laquelle il avait compté, il dut prendre le parti delaisser à leurs travaux le chevalier Sarrotti et ses acadé-miciens.

Enquitant Venise, Papin revint directement en Angleterre.Il espérait y ramasser les lambeaux de son crédit et de sa for-tune. Ma ; es longues pérégrinations avaient refroidi le zèlede ses amis, et tout ce quil put obtenir, ce fut dentrer enqualité de pensionnaire à la Société royale. Il fut chargé dexé-cuter les expériences ordonnées par lAcadémie et de copier

(1) Journal des savants , 1684, p. 82.

T. IV.

23